Haïti : exclusion du parti Lavalas

Port-au-Prince — Le Conseil électoral provisoire haïtien (CEP) a confirmé hier sa décision d'interdire aux candidats du parti Lavalas de l'ex-président Jean-Bertrand Aristide de participer aux élections sénatoriales du 19 avril prochain, ce qui risque, une fois de plus, de mettre le feu aux poudres en Haïti.

«Tous les candidats du parti Lavalas sont définitivement écartés» des élections destinées à renouveler 12 sièges au Sénat, a fait savoir le président du CEP, Frant-Gérard Verret. Le CEP a exclu les 18 candidats de Lavalas au prétexte qu'ils n'ont pas réussi «à fournir un document d'attestation signé par le chef du parti». La requête est insensée, objectent les lavalassiens, étant donné qu'Aristide, exilé en Afrique du Sud depuis 2004, n'intervient plus dans les activités du parti. Ils y voient un effort délibéré pour bloquer la voie à Famille Lavalas, qui demeure le parti le plus important en Haïti. L'Organisation des États américains et les États-Unis ont prévenu que la décision du CEP risquait de délégitimer le scrutin.

D'autres candidatures ont été rejetées, notamment celle de Guy Philippe, l'un des chefs rebelles qui a contribué à pousser Aristide vers la sortie. Le CEP a affirmé que M. Philippe était sous le coup d'un mandat d'arrêt international émis par les États-Unis pour son implication dans un trafic de drogue. D'autres candidats écartés avaient été accusés par une organisation haïtienne de défense des droits de l'homme de «crimes graves».

Les services de l'immigration et des douanes du ministère américain de l'Intérieur (ICE) ont par ailleurs fait savoir mardi que 30 000 immigrés haïtiens aux États-Unis avaient reçu l'ordre de regagner Haïti, malgré le fait que le pays peine à se relever des ouragans qui l'ont ravagé en août-septembre 2008, effaçant 60 % des récoltes.