Le taux d'homicides chez les jeunes - Il n'y a pas pire que le Salvador

L'Amérique latine a l'insigne honneur d'enregistrer les taux d'homicides les plus élevés du monde parmi les jeunes âgés entre 15 et 24 ans. Il n'y a pas pire que le Salvador où ce taux est de 92,3 par tranche de 100 000 personnes, une statistique surtout attribuable à la présence en Amérique centrale du puissant gang des maras.

Se fondant sur les chiffres disponibles dans 83 pays, un groupe de chercheurs brésiliens, le RITLA, a établi que les probabilités qu'un jeune soit assassiné en Amérique latine sont trente fois plus élevées qu'en Europe. Viennent après le Salvador, dans l'ordre, la Colombie, le Venezuela et le Guatemala. L'étude comparative, intitulée en anglais Map of Violence: The Young People of Latin America, indique que les taux de meurtres parmi les jeunes en Amérique latine étaient les plus bas en 2007 au Chili, à Cuba et en Uruguay — des proportions (environ 7 décès par tranche de 100 000 habitants) à peu près équivalentes à celles de pays comme la France et les États-Unis.

Par comparaison, disent les chercheurs, le taux d'homicides est de 36,6/100 000 à l'échelle de l'Amérique latine alors qu'il est de 16,1 en Afrique et de 12 en Amérique du Nord. Le rapport souligne en outre que, comme au Salvador, le Nicaragua et le Guatemala ont enregistré des hausses «considérables» de leurs taux d'homicides dans la tranche des 15-24 ans.

Le Brésil, réputé pour être l'un des pays les plus meurtriers du monde, est cinquième au palmarès (51,6 meurtres/100 000 habitants). Et il est encore heureux que, selon de récentes statistiques policières, le taux d'homicides y diminue depuis cinq ans à São Paulo, la plus grande ville du pays. Dans les années 1990, on disait du quartier pauvre de Jardim Angela, en banlieue de São Paulo, qu'il était le plus violent du monde. Aussi, trois raisons expliqueraient l'importante diminution enregistrée dans cette ville: l'adoption de lois resserrant le contrôle des armes, accompagnées d'une amnistie qui a permis en 2003 de récupérer un demi-million d'armes; une réforme des forces policières; et une légère diminution démographique, d'environ deux points de pourcentage, de la proportion des jeunes au sein de la population urbaine de São Paulo.

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