Chavez prépare la visite «historique» de Medvedev

Caracas — Une importante délégation russe a conclu hier une visite à Caracas pour y préparer la venue «historique», à la fin du mois, du président russe Dmitri Medvedev pendant que des manoeuvres navales communes inédites depuis la guerre froide se dérouleront en mer des Caraïbes.

«Le 26 novembre il se passera un événement historique» avec l'arrivée de Medvedev, «le premier président russe à visiter le Venezuela», a affirmé jeudi soir le président Hugo Chavez lors d'une réunion à Caracas avec une commission russe dirigée par le vice-premier ministre Igor Setchine.

Ce matin M. Setchine était attendu à Cuba, pour la troisième fois depuis juillet, témoignage de l'importance accordée depuis quelque temps par Moscou à cette région, sur fond de tensions croissantes avec Washington sur le projet de bouclier antimissile américain en Europe de l'Est.

La relation avec le gouvernement russe revêt «une haute importance stratégique» et la visite de Medvedev permettra de renforcer encore la coopération militaire, économique, énergétique, technologique et financière, a estimé Chavez.

Il a évoqué un projet avec Moscou sur le nucléaire «à des fins pacifiques». «Cela va de soi mais il est nécessaire de le dire», a-t-il précisé.

Chavez a par ailleurs confirmé «l'arrivée prochaine» d'une flotte de la marine russe pour «réaliser des manoeuvres en mer des Caraïbes, avec à leur tête le navire Pierre le Grand», un croiseur à propulsion nucléaire.

Selon le ministère vénézuélien de la Défense, la flotte russe serait au Venezuela du 24 au 30 novembre.

Il s'agira, depuis la fin de la guerre froide, de la première visite de navires de guerre russes dans cette région que les États-Unis considèrent comme leur pré carré.

«Maintenant le Venezuela est libre. La Russie est libre. Et nous sommes des pays démocratiques. La Russie est une grande puissance mondiale et le Venezuela une puissance émergente dans le monde multipolaire qui est en train de naître», a affirmé Chavez, ennemi déclaré de l'«impérialisme» américain.

Chef de file de la gauche radicale en Amérique latine, très proche du leader cubain Fidel Castro, Chavez s'est cependant déclaré prêt au dialogue avec le nouveau président américain élu Barack Obama, après des années de tensions avec l'administration de George W. Bush, qui ont culminé avec l'expulsion cette année de l'ambassadeur américain.

Les États-Unis ont de leur côté rétabli en avril une présence navale permanente dans les Caraïbes et en Amérique latine.

Entre 2005 et 2007, Caracas a acheté pour 4 milliards d'armements à la Russie, dont 24 avions de chasse Soukhoï, tandis que les géants russes de l'énergie Loukoïl et Gazprom se sont engagés dans plusieurs projets d'exploitation du gaz et du pétrole au Venezuela.

Outre le Venezuela, la Russie s'est également considérablement rapprochée de Cuba ces derniers temps. Le chef de la diplomatie cubaine Felipe Pérez Roque était attendu aujourd'hui à Moscou pour une visite de quatre jours.

Les Russes souhaitent notamment aider Cuba à construire un «centre spatial» pour permettre l'utilisation du système de navigation par satellite Glonass, le GPS russe administré par le ministère russe de la Défense.

Les relations entre Moscou et La Havane s'étaient détériorées après la chute de l'URSS en 1991, qui avait entraîné une très grave crise économique sur l'île communiste des frères Castro, soumise depuis 1962 à un embargo américain.