Haïti crie à l'aide

Frappé coup sur coup par les ouragans Fay, Gustav, Hanna et Ike, Haïti peine à se relever, et le président d'Haïti a lancé un nouvel appel à la solidarité internationale. D'une seule voix, le consul général d'Haïti à Montréal et les porte-parole d'organismes humanitaires ont repris, hier, ce «cri du coeur» et ont exhorté la communauté haïtienne montréalaise et les Québécois à donner généreusement vivres, biens et argent.

«Le peuple haïtien vit aujourd'hui [...] la pire tragédie humanitaire de son histoire», a affirmé Pierre-Richard Casimir, le consul général de la république d'Haïti à Montréal.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a indiqué hier que les ouragans qui ont balayé Haïti ces quatre dernières semaines ont tué au moins 300 personnes et forcé le déplacement de milliers d'autres. L'ouragan Ike, qui balaie aujourd'hui le sud des États-Unis, a, à lui seul, provoqué la mort de plus de 70 Haïtiens. De nombreux ponts et routes ont aussi été emportés par la crue des eaux.

«Vous ne pouvez pas imaginer la misère dans ces cas-là. Vous ne pouvez pas imaginer quelle douleur on ressent lorsque vous distribuez à la cantine scolaire de la nourriture et qu'un enfant, qui a déjà fait une longue queue pour attendre sa pitance, arrive et s'affaisse devant vous», a dit Jean-Baptiste Michel, président du Regroupement des organismes canado-haïtiens pour le développement (ROCAHD), qui était présent en Haïti, en 2004, lors du passage de l'ouragan Jeanne.

La section québécoise d'Oxfam et le Centre d'étude et de coopération internationale (CECI) souhaitent tous deux amasser un million de dollars chacun. Ils ont déjà recueilli respectivement 200 000 $ et 150 000 $.

Pierre-Richard Casimir a indiqué que les dons en argent peuvent être envoyés au CECI, à Oxfam-Québec, à la Croix-Rouge canadienne et à Médecins du monde. Le consul a garanti que les erreurs de coordination dans l'acheminent de l'aide sont choses du passé et que la Direction de la protection civile haïtienne lèvera toutes les barrières qui ralentissent le transport de l'aide.

Les équipes d'Oxfam — présentes sur l'île d'Haïti depuis environ 30 ans — s'affairent à distribuer des trousses d'urgence aux personnes déplacées et à installer des sanitaires pour annihiler les risques d'éclosion d'épidémies.

Michel Verret, directeur du développement et des relations publiques d'Oxfam Québec, a signifié hier que l'aide ne peut être que ponctuelle. Après l'aide d'urgence, les organisations non gouvernementales actives en Haïti devront prêter main-forte pour la reconstruction. «Je vous ai sauvé la vie aujourd'hui. Si demain je ne fais rien pour vous, vous serez une nouvelle fois en danger», a expliqué M. Verret.

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