Chávez ne veut pas le départ des multinationales étrangères

Hugo Chávez., président du Venezuela: pour des entreprises mixtes.
Photo: Agence Reuters Hugo Chávez., président du Venezuela: pour des entreprises mixtes.

Caracas — Le Venezuela souhaite que les multinationales étrangères continuent d'extraire du pétrole dans la Ceinture de l'Orénoque mais au sein de firmes mixtes contrôlées par le groupe public PDVSA, a expliqué hier le président Hugo Chávez.

«Nous avons proposé la création d'entreprises mixtes. Nous ne voulons pas que les multinationales s'en aillent, même si bien sûr celles qui souhaitent partir peuvent le faire», a déclaré M. Chávez lors d'une conférence de presse hier.

Il a rappelé que l'État prendra le contrôle des gisements le 1er mai, à travers un déploiement «pacifique» de l'armée sur les sites.

Selon M. Chávez, la transformation des «associations stratégiques», qui opèrent actuellement dans la zone, en sociétés mixtes, est en cours de négociation entre Caracas et les multinationales. Cela «se fait avec beaucoup de calme et au cas par cas», selon M. Chávez.

Ces multinationales «savent que nous occuperons les gisements le 1er mai. Celui qui souhaite déposer un recours en justice peut le faire mais je crois qu'une bonne partie d'entre eux veulent rester et ont compris que ce pays est souverain», a poursuivi Chávez.

Le président vénézuélien a souligné que l'État indemnisera les firmes étrangères pour les actions qu'elles cèderont à PDVSA afin de permettre au géant public vénézuélien de disposer d'au moins 60 % de chacune des quatre firmes actives dans l'Orénoque. Les associations stratégiques sont Petrozuata, Ameriven, Cerro Negro et Sincor. Elles sont opérées en association avec PDVSA par les groupes américains Exxon-Mobil, Chevron, Conoco-Phillips, le français Total, le britannique BP et le norvégien Statoil. Le Venezuela a entrepris la certification des énormes réserves de la Ceinture de l'Orénoque, estimées à 230 milliards de barils qui, une fois prouvées, s'ajouteraient aux 78 milliards de barils de réserves officielles et pourraient propulser le pays au premier rang mondial, devant l'Arabie saoudite. Seul membre latino-américain de l'OPEP, le Venezuela produit officiellement trois millions de barils par jour (2,6 millions selon l'OPEP et l'AIEA), dont la moitié est exportée aux États-Unis.

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