Journée sanglante au Soudan

Lundi, des milliers de Soudanais ont manifesté à Khartoum, non loin du palais présidentiel, ainsi qu’ailleurs au pays.
Photo: Agence France-Presse Lundi, des milliers de Soudanais ont manifesté à Khartoum, non loin du palais présidentiel, ainsi qu’ailleurs au pays.

Sept manifestants ont été tués au Soudan lundi, l’une des journées les plus sanglantes de la répression de la mobilisation contre le pouvoir militaire, qui ne faiblit pas depuis le putsch du général Abdel Fattah al-Burhane fin octobre.

Lundi, des milliers de Soudanais ont manifesté à Khartoum, non loin du palais présidentiel, ainsi qu’ailleurs au pays. Dans la capitale, les partisans de l’instauration d’un pouvoir civil ont essuyé des tirs « à balles réelles », mais aussi une pluie de grenades lacrymogènes et assourdissantes et des tirs des canons à eau, rapportent des médecins. Sept manifestants ont été fauchés par des tirs à balles réelles, précisent-ils.

En tout, depuis le putsch du 25 octobre, 71 manifestants ont été tués. La police, de son côté, assure qu’un de ses généraux a été poignardé à mort jeudi par des manifestants qui, prévient-elle, seront jugés selon les lois d’exception de l’état d’urgence décrété le jour du coup d’État du chef de l’armée.

Dans un pays où militaires et paramilitaires sont déjà accusés d’exactions, et notamment, récemment, du viol d’une dizaine de manifestantes, une nouvelle décision des généraux au pouvoir fait redouter le pire.

Que ce soit aux abords du palais présidentiel à Khartoum ou dans les banlieues, comme à Omdourman, les forces de l’ordre ont poursuivi les contestataires dans les rues environnantes à coups de grenades lacrymogènes et assourdissantes, lundi après-midi. Elles attaquent également régulièrement blessés et médecins dans les hôpitaux, s’indigne l’Organisation mondiale de la santé.

En soirée, des centaines de manifestants cherchaient à bloquer les rues de la capitale et de ses banlieues pour dénoncer la violence, tandis que le principal bloc civil, les Forces de la liberté et du changement, décrétait deux jours de désobéissance civile à compter de mardi.

À New York, 9 des 15 pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU ont appelé « toutes les parties à la plus grande retenue », tandis que la mission des Nations unies à Khartoum tente d’organiser un dialogue pour relancer une transition vers la démocratie, brutalement interrompue le 25 octobre.

À voir en vidéo