Des frappes de drones au Tigré font 19 morts

Manifestation en Allemagne contre le conflit au Tigré, le 10 janvier. La région du Tigré est le théâtre depuis 14 mois d’un conflit armé entre gouvernement fédéral et anciennes autorités locales.
Photo: Markus Schreiber Associated Press Manifestation en Allemagne contre le conflit au Tigré, le 10 janvier. La région du Tigré est le théâtre depuis 14 mois d’un conflit armé entre gouvernement fédéral et anciennes autorités locales.

Dix-neuf personnes ont été tuées dans des frappes aériennes menées par des drones dans la région éthiopienne du Tigré au cours des deux derniers jours, ont indiqué mardi à l’AFP des travailleurs humanitaires et des sources hospitalières.

La première frappe aérienne conduite lundi par des drones sur la localité éthiopienne de Mai Tsebri, dans le sud de la région septentrionale du Tigré, a tué dix-sept civils, ont indiqué mardi des sources humanitaires à l’AFP.

Un des travailleurs humanitaires a précisé que des dizaines de personnes avaient été blessées dans cette frappe survenue moins de 72 heures après un bombardement similaire qui a touché un camp de déplacés dans le nord-ouest du Tigré.

« La frappe à Mai Tsebri s’est déroulée hier [lundi] dans l’après-midi et a tué 17 personnes travaillant dans une minoterie », a déclaré mardi ce travailleur humanitaire, citant des témoins. « Un témoin m’a dit que les drones sont arrivés et ont fait du vol stationnaire un petit moment avant de lâcher leurs bombes », a-t-il ajouté, faisant également état de dizaines de blessés.

Lors d’une autre frappe de drone mardi, deux personnes ont été tuées et des dizaines, blessées à Hiwane, au sud de Mekele, la capitale du Tigré, ont indiqué un responsable et un médecin du principal hôpital de la ville.

Des dizaines de personnes ont été tuées et de nombreuses autres blessées lors d’une précédente frappe de drone vendredi, qui a touché à Dedebit, dans le nord-ouest du Tigré, un camp accueillant des personnes déplacées par les 14 mois de conflit en Éthiopie.

Selon les sources humanitaires interrogées mardi par l’AFP, l’attaque à Dedebit a tué 59 personnes, l’une de ces sources faisant état en outre de 138 blessés.

Les différents chiffres et affirmations sont impossibles à vérifier, en raison de l’accès restreint au Tigré. Une porte-parole du gouvernement éthiopien a affirmé mardi ne posséder aucune information sur ces différentes frappes.

« Aide humanitaire urgente »

La région du Tigré est le théâtre depuis 14 mois d’un conflit armé entre gouvernement fédéral et anciennes autorités locales, issues du Front de libération du peuple du Tigré (FLPT), parti qui dirigea de fait l’Éthiopie durant près de 30 ans, jusqu’à l’arrivée au pouvoir de l’actuel premier ministre, Abiy Ahmed.

Le conflit au Tigré a fait des milliers de morts, et la région, soumise selon l’ONU à un « blocus de facto » de l’aide humanitaire, manque de nourriture et de médicaments.

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