Le fils de Kadhafi candidat-surprise à la présidentielle

À la surprise générale et alors qu’on ignorait où il se trouvait ces derniers temps, Seif al-Islam Kadhafi, 49 ans, s’est présenté à Sebha (sud), l’un des trois centres de dépôt des candidatures, avec Tripoli (ouest) et Benghazi (est), selon des images relayées par les médias locaux.
Photo: Libyan High National Elections Commission via Associated Press À la surprise générale et alors qu’on ignorait où il se trouvait ces derniers temps, Seif al-Islam Kadhafi, 49 ans, s’est présenté à Sebha (sud), l’un des trois centres de dépôt des candidatures, avec Tripoli (ouest) et Benghazi (est), selon des images relayées par les médias locaux.

Le fils de l’ex-dictateur Mouammar Kadhafi Seif al-Islam, recherché par la Cour pénale internationale pour « crimes contre l’humanité », a été le premier poids lourd de la vie politique libyenne à déposer sa candidature dimanche à la présidentielle prévue fin décembre.

À la surprise générale et alors qu’on ignorait où il se trouvait ces derniers temps, Seif al-Islam Kadhafi, 49 ans, s’est présenté à Sebha (sud), l’un des trois centres de dépôt des candidatures, avec Tripoli (ouest) et Benghazi (est), selon des images relayées par les médias locaux. Enveloppé dans une abaya marron et un turban de la même couleur, noué à la façon bédouine comme le faisait son père tué en 2011 lors d’une révolte populaire, il a signé les documents, assisté de son avocat. Il a ensuite prononcé des versets du Coran puis conclu par la formule « Que Dieu vous bénisse », à l’adresse du personnel de la Haute Commission électorale (HNEC). Il s’est également fait remettre sa carte d’électeur.

Incertitudes

Capturé en novembre 2011 par un groupe armé à Zenten dans le nord-ouest de la Libye, il avait été condamné à mort en 2015 à l’issue d’un procès expéditif. Le même groupuscule avait néanmoins refusé de le livrer aux autorités ou à la Cour pénale internationale (CPI), qui le recherche depuis 2011 pour « crimes contre l’humanité ». Le groupe l’avait libéré en 2017 et sa trace avait été perdue. « La situation de Seif al-Islam Kadhafi à la CPI n’a pas changé. D’après la notice publiée en 2011, il est toujours recherché », a déclaré Fadi Abdallah, un porte-parole de la CPI à la chaîne Libya al-Ahrar.

Pour la communauté internationale, la tenue des élections est essentielle pour pacifier le pays, qui compte les réserves pétrolières les plus abondantes d’Afrique. La présidentielle — la première de l’histoire du pays — et les législatives restent néanmoins très incertaines sur fond de regain de tensions entre les camps rivaux, installés dans l’ouest et dans l’est.

Après la candidature de Seif al-Islam Kadhafi, de nombreuses interrogations subsistent autour de celles du maréchal Khalifa Haftar, l’homme fort de l’Est libyen, et du premier ministre, Abdelhamid Dbeibah, placé sous les feux des projecteurs lors de la conférence sur la Libye vendredi à Paris.

Le maréchal Haftar s’est lui-même suspendu de ses fonctions militaires — procédure indispensable — trois mois avant la date du scrutin, mais n’a pas encore déposé sa candidature. Théoriquement, M. Ddheibah ne peut pas être candidat, car membre du gouvernement intérimaire, sauf si le scrutin est repoussé.

Pour Wolfram Lacher, expert sur la Libye de l’institut allemand SWP, la candidature de Seif Al-Islam Kadhafi « déposée en dépit des mandats d’arrêt de la CPI […] ne va faire que compliquer encore plus le processus électoral ». Celui-ci est fortement contesté en raison d’une loi électorale pour la présidentielle qui ne définit pas clairement les attributions du futur président et n’a pas été votée mais directement ratifiée par son chef, Aguila Saleh, un proche du maréchal Haftar.

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