Victimes de violences communautaires, au moins 10 000 Camerounais se réfugient au Tchad

Ddes familles ont accueilli certains déplacés et d’autres ont trouvé refuge dans des écoles et des églises.
Photo: Djimet Wiche Agence France-Presse Ddes familles ont accueilli certains déplacés et d’autres ont trouvé refuge dans des écoles et des églises.

Au moins 10 000 Camerounais ont fui depuis mercredi l’Extrême-Nord du pays, en proie à des violences intercommunautaires, et ont trouvé refuge au Tchad voisin, où les besoins humanitaires sont « pressants », a indiqué dimanche l’ONU à l’AFP. Depuis mardi, des affrontements entre pêcheurs et bergers dans l’Extrême-Nord du Cameroun, dans l’arrondissement du Logone-Birni, près de la frontière avec le Tchad, ont fait au moins 12 morts et 48 blessés, selon un bilan annoncé jeudi par les autorités camerounaises. Depuis, les violences se sont poursuivies, sans que les autorités ne communiquent un bilan.

« Quelque 10 000 personnes ont fui depuis mercredi le conflit intercommunautaire et ont trouvé refuge à Oundouma, au sud de N’Djamena », la capitale tchadienne, a déclaré à l’AFP Iris Blom, représentante adjointe au Tchad du HCR, l’agence des Nations unies pour les réfugiés. « Ces déplacés sont composés à 85 % de femmes et d’enfants », a-t-elle poursuivi. « Les besoins pressants sont les services de santé, les abris et les vivres », a avancé Mme Blom qui estime que « cette hospitalité généreuse pèse lourd sur la population hôte ».

Au Cameroun, les violences sont parties « d’un fait banal », selon Midjiyawa Bakari, gouverneur du Logone-Birni. « Quelques populations mousgoums ont érigé des digues pour aménager leurs lieux de pêche » où « les bergers arabes choas viennent abreuver leur bétail ». Selon le gouverneur, « un incident est arrivé entre deux personnes », qui a dégénéré en affrontements entre communautés. Les protagonistes ont utilisé des machettes, des couteaux et des flèches notamment, selon une autorité locale jointe jeudi par l’AFP.

« Nous avons pris des dispositions sécuritaires pour caser les réfugiés, les mettre en sécurité et sécuriser notre frontière pour éviter la transposition du conflit au Tchad parce que ce sont les mêmes populations qui vivent de part et d’autre de la frontière avec le Cameroun », a déclaré dimanche à l’AFP Gayang Souaré, gouverneur du Chari-Baguirmi, où se trouvent les réfugiés. Selon le gouverneur, des familles ont accueilli certains déplacés et d’autres ont trouvé refuge dans des écoles et des églises.

Les affrontements sanglants entre communautés sont relativement rares au Cameroun, mais fréquents dans les pays voisins, notamment au Tchad. Au moins 22 personnes ont été tuées le 7 août dans ce pays, dans un conflit entre des cultivateurs sédentaires et des éleveurs nomades.

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