Abidjan en alerte face à un premier cas d’Ebola

Bien que la Côte d’Ivoire ait des frontières communes avec la Guinée et le Libéria, qui ont été durement frappés par Ebola entre 2014 et 2016, ce «pays n’a enregistré aucun cas confirmé de la maladie à virus Ebola depuis 1994». 
Photo: Sia Kambou Agence France-Presse Bien que la Côte d’Ivoire ait des frontières communes avec la Guinée et le Libéria, qui ont été durement frappés par Ebola entre 2014 et 2016, ce «pays n’a enregistré aucun cas confirmé de la maladie à virus Ebola depuis 1994». 

Un cas de fièvre hémorragique Ebola a été détecté dans la capitale économique ivoirienne Abidjan, le premier depuis 1994, près de deux mois après l’annonce de la fin de l’épidémie de 2021 en Guinée voisine, ce qui est « extrêmement préoccupant », selon l’OMS.

Les autorités sanitaires ivoiriennes ont été informées samedi par l’Institut Pasteur « d’un cas positif de maladie à virus Ebola après examen d’un échantillon prélevé » vendredi « sur une jeune fille âgée de 18 ans, de nationalité guinéenne », selon le ministre ivoirien de la Santé, Pierre Dimba. Il a précisé que cette jeune femme avait quitté la ville de Labé en Guinée par la route et était « arrivée en Côte d’Ivoire le 11 août ». « Il s’agit d’un cas isolé et importé », a-t-il assuré samedi soir à la télévision nationale RTI, ajoutant que la patiente était « actuellement en isolement et prise en charge au centre de traitement des maladies hautement épidémiques du CHU de Treichville », à Abidjan.

Selon le ministre, la Côte d’Ivoire dispose de vaccins contre le virus d’Ebola et « procédera à la vaccination des groupes cibles, personnel de santé de première ligne, contacts immédiats de la patiente, forces de sécurité à nos frontières ». « Nous avons procédé à la remise officielle de 5000 doses de vaccins contre le virus d’Ebola […] pour appuyer une riposte rapide autour du cas déclaré par la Côte d’Ivoire », a indiqué dimanche dans un gazouillis l’Agence nationale de sécurité sanitaire de Guinée, ce qui a été fait avec l’appui de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). La vaccination « des groupes cibles » a débuté dimanche après-midi, selon des sources sanitaires ivoiriennes.

Contrôles renforcés

Le gouvernement ivoirien a décidé la réactivation du système de surveillance et de riposte au virus Ebola mis en place pendant la dernière épidémie en Guinée, l’organisation « du suivi de tous les contacts identifiés, la poursuite du strict respect des mesures barrières édictées contre la COVID-19 qui restent valables pour la maladie à virus Ebola » et une « collaboration transfrontalière intense avec la Guinée ».

« Il est extrêmement préoccupant que cette épidémie ait été déclarée à Abidjan, une métropole de plus de quatre millions d’habitants », a estimé Matshidiso Moeti, directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique. « Cependant, l’essentiel de l’expertise mondiale en matière de lutte contre la maladie à virus Ebola se trouve ici, sur le continent, et la Côte d’Ivoire peut tirer parti de cette expérience pour accélérer la riposte », a-t-elle ajouté.

Entre fin 2013 et 2016, la pire épidémie d’Ebola au monde depuis l’identification du virus en 1976 avait tué plus de 11 300 personnes, principalement en Guinée (2500 morts), au Liberia et en Sierra Leone, trois des pays les plus pauvres au monde. Un bilan sous-évalué de l’aveu même de l’OMS. Ebola est une maladie virale souvent mortelle, qui touche les humains et d’autres primates. « Les taux de létalité ont varié de 25 à 90 % lors des épidémies précédentes » selon l’OMS. « Néanmoins, il existe désormais un traitement efficace, et si les patients sont pris en charge à un stade précoce de la maladie, avec en parallèle des soins de soutien, leurs chances de survie s’améliorent considérablement ».

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