Une quarantaine de morts lors d’incendies dans le nord de l’Algérie

Parmi les 13 décès de civils dans ces incendies, 12 ont eu lieu dans la région de Tizi Ouzou, l’une des villes les plus peuplées de Kabylie.
Photo: Ryad Kramdi Agence France-Presse Parmi les 13 décès de civils dans ces incendies, 12 ont eu lieu dans la région de Tizi Ouzou, l’une des villes les plus peuplées de Kabylie.

Au moins 38 personnes, dont 13 civils et 25 militaires, ont perdu la vie dans les incendies qui ravagent le nord de l’Algérie, notamment la Kabylie, ont indiqué mardi les autorités, évoquant des feux « d’origine criminelle » attisés par un épisode de canicule.

Les incendies, qui ont débuté lundi soir, ont tué 13 civils, dont 12 à Tizi Ouzou, selon un nouveau bilan fourni par l’agence officielle APS dans la soirée.

Le président Abdelmadjid Tebboune a déploré sur Twitter la mort de 25 militaires qui tentaient d’éteindre les incendies, présentant ses condoléances aux familles des victimes.

« C’est avec une grande tristesse que j’ai appris la mort en martyrs de 25 militaires après qu’ils aient réussi à secourir plus d’une centaine de citoyens des flammes, dans les montagnes de Bejaïa et Tizi Ouzou », a écrit le président. La télévision publique a ensuite donné un bilan similaire.

Plus tôt, le ministère de la Défense nationale avait de son côté fait état de la perte de « dix-huit combattants » dans un communiqué, précisant que 13 autres militaires souffrent de brûlures à différents degrés. Leur intervention a « permis de sauver des flammes 110 citoyens : hommes, femmes et enfants », ajoute le ministère.

Une cinquantaine d’incendies « d’origine criminelle » et attisés par un épisode de canicule ont débuté lundi soir dans le nord de l’Algérie, notamment en Kabylie, notamment en Kabylie, selon le ministre de l’Intérieur, Kamel Beldjoud, qui s’est rendu accompagné d’une délégation ministérielle à Tizi Ouzou, l’une des villes les plus peuplées de la région.

« Cinquante départs de feu en même temps, c’est impossible. Ces incendies sont d’origine criminelle », a affirmé M. Beldjoud.

Selon le premier ministre, Aïmène Benabderahmane, plus de 70 incendies ont éclaté dans 18 wilayas (préfectures) du nord du pays.

Les villes de Bouira, Sétif, Khenchela, Guelma, Béjaïa, Bordj Bou Arreridj, Boumerdès, Tiaret, Medea, Tébessa, Blida et Skikda sont également touchées par des incendies, a indiqué sur Twitter la direction générale de la protection civile.

Raréfaction de l’eau

La radio publique algérienne a annoncé l’arrestation de trois « pyromanes » à Médéa (nord), où un incendie s’est aussi déclaré. Un quatrième a été arrêté à Annaba.

Des vents propagent les feux et compliquent la tâche des secouristes, a précisé Youcef Ould Mohamed, le conservateur local des forêts, cité par l’APS.

Ces incendies surviennent alors que l’Algérie connaît un été caniculaire marqué par une raréfaction de l’eau dans le pays. Les services météorologiques prévoient mardi des températures allant jusqu’à 46 degrés.

Des images impressionnantes des incendies circulent sur les réseaux sociaux, avec des troncs calcinés, des cheptels agonisant et des villages encerclés par la fumée.

Lors d’un Conseil des ministres tenu le 25 juillet, le président Abdelamdjid Tebboune a ordonné l’élaboration d’un projet de loi punissant sévèrement les auteurs d’incendies criminels de forêts, avec des peines allant jusqu’à 30 ans de prison ferme, voire la perpétuité si l’incendie a causé la mort d’individus.

Début juillet, trois personnes soupçonnées d’être impliquées dans des incendies ayant ravagé 1500 hectares de forêts dans le massif des Aurès, au nord-est de l’Algérie, avaient été arrêtées.

Pays le plus étendu d’Afrique, l’Algérie ne compte que 4,1 millions d’hectares de forêts, avec un maigre taux de reboisement de 1,76 %.

Chaque année, le pays est touché par des feux de forêt. En 2020, près de 44 000 hectares de taillis sont partis en fumée. Les autorités avaient annoncé avoir arrêté plusieurs auteurs d’incendies criminels.

Les incendies qui se multiplient à travers le globe sont associés à divers phénomènes anticipés par les scientifiques en raison du réchauffement de la planète.

L’augmentation de la température, la multiplication des canicules et la baisse des précipitations par endroits est une combinaison idéale pour le développement des feux.

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