Confusion en Somalie après le report du démarrage des élections

En avril, la prolongation pour deux ans du mandat du président Mohamed Abdullahi Mohamed, dit Farmajo, qui avait expiré le 8 février, avait provoqué de violents affrontements à Mogadiscio, menaçant le fragile équilibre de ce pays meurtri par la guerre civile.
Photo: Agence France-Presse En avril, la prolongation pour deux ans du mandat du président Mohamed Abdullahi Mohamed, dit Farmajo, qui avait expiré le 8 février, avait provoqué de violents affrontements à Mogadiscio, menaçant le fragile équilibre de ce pays meurtri par la guerre civile.

Le démarrage des élections en Somalie, prévu dimanche et au centre d’une crise politique qui agite depuis des mois le pays, a été retardé, ont indiqué des sources officielles interrogées par l’Agence France-Presse (AFP).

Ce pays très instable de la Corne de l’Afrique devait entamer dimanche un long cycle électoral débutant avec l’élection du Sénat et doit s’achever le 10 octobre avec celle du président, selon le calendrier officiel. Mais les régions de cet État fédéral ne sont pas parvenues à soumettre à temps la liste des candidats qui participeront au scrutin ni à former les comités locaux qui doivent voter.

« Malgré le fait que le programme était que l’élection de la chambre haute [Sénat] commence aujourd’hui à travers les différents États, il y a un retard, et l’élection ne devrait pas se tenir », a déclaré un membre de la commission électorale, sous couvert d’anonymat.

Mohamed Ibrahim Moalimu, porte-parole du gouvernement fédéral, a confirmé dimanche à l’AFP que les élections étaient « retardées », affirmant cependant que le processus allait continuer.

Dimanche soir, ce dernier a indiqué que le premier ministre, Mohamed Hussein Roble, chargé par la présidence d’organiser les élections, avait fait part de son mécontentement auprès des responsables des États somaliens. « Il a dit combien il était mécontent des retards techniques d’aujourd’hui », a-t-il rapporté. « Il a appelé à l’accélération du processus et à résoudre les problèmes techniques et les leaders en sont convenus ».

Selon le complexe système électoral somalien, des délégués spéciaux investis par une myriade de clans et de sous-clans, au sein de chacun des cinq États fédérés, choisissent les parlementaires, qui eux-mêmes désignent le président.

Selon plusieurs sources, le seul État dans lequel le scrutin pourrait se tenir « dans la semaine » est le Jubaland. Selon l’une d’elles, le comité y est déjà formé et le président de la région publiera peut-être la liste des candidats « au cours de la journée ».

« Nous nous attendons à ce que l’élection commence bientôt », a déclaré Mohamed Adan, un responsable du gouvernement du Jubaland, tandis qu’une autre source évoquait un possible début du scrutin dès dimanche.

Des sources au Puntland ont confirmé à l’AFP que le scrutin y était retardé en raison de « problèmes techniques ». Au Galmudug, le parlement local est en vacances et ne doit rentrer que début août. Selon des sources au Sud-Ouest, le président de la région se trouve actuellement à l’étranger, ce qui bloque le processus.

En avril, la prolongation pour deux ans du mandat du président Mohamed Abdullahi Mohamed, dit Farmajo, qui avait expiré le 8 février, avait provoqué de violents affrontements à Mogadiscio, menaçant le fragile équilibre de ce pays meurtri par la guerre civile.

Début mai, dans un geste d’apaisement, Farmajo avait chargé M. Roble d’organiser des élections dans les meilleurs délais.

Le gouvernement de Mogadiscio ne contrôle toujours qu’une faible portion du territoire, avec l’aide cruciale des quelque 20 000 hommes de la force de l’Union africaine, l’Amisom, qui lutte contre la milice islamiste shebab. Dans un message audio attribué à leur chef, les shebabs ont mis en garde mardi les hommes politiques qui participeront aux élections.

À voir en vidéo