À Palma, en ​Mozambique, les évacuations continuent

Palma (en photo, en 2017) est tombée aux mains de ces groupes armés vendredi soir, à l’issue de plus de 48 heures de combats.
Photo: John Wessels Archives Agence France-Presse Palma (en photo, en 2017) est tombée aux mains de ces groupes armés vendredi soir, à l’issue de plus de 48 heures de combats.

Des dizaines de civils ont été tués ces derniers jours lors d’une spectaculaire attaque djihadiste dans le nord duMozambique, tandis que des milliers de personnes continuaient à évacuer la zone par tous les moyens et dans l’urgence, selon plusieurs sources et témoins.

Le gouvernement mozambicain a confirmé dimanche soir qu’au moins sept personnes ont été tuées dans une embuscade vendredi, en tentant de s’échapper d’un hôtel où elles s’étaient retranchées. Et des « dizaines » d’autres lors de l’attaque initiale, mercredi, contre la petite ville portuaire de Palma, située à seulement une dizaine de kilomètres d’un site gazier piloté par le groupe français Total.

Palma est tombée aux mains de ces groupes armés vendredi soir, à l’issue de plus de 48 heures de combats. « Plus de cent personnes sont portées disparues », a affirmé à l’AFP le chercheur Martin Ewi, de l’Institut des études sécuritaires à Pretoria, évoquant une « situation encore très confuse ».

Les djihadistes, qui ont prêté allégeance à l’État islamique, et qui terrorisent depuis plus de trois ans la province majoritairement musulmane du Cabo Delgado, frontalière de la Tanzanie, ont lancé leur attaque-surprise mercredi après-midi sur trois fronts simultanés, suscitant la panique pour ses 75 000 habitants. Des témoins ont raconté à l’ONG Human Rights Watch qu’ils ont tiré « tous azimuts sur les gens et les bâtiments », laissant une traînée de corps dans les rues.

Afflux de réfugiés à Pemba

« Leurs actions ont abouti au meurtre couard de dizaines de personnes sans défense », a dénoncé le colonel Omar Saranga, porte-parole du ministère de la Défense lors d’un point de presse.

Les habitants, dont de nombreux réfugiés ayant déjà échappé aux violences djihadistes dans leurs villages, ont repris leur fuite. Certains ont foncé vers les forêts environnantes, d’autres vers les plages où ils sont montés à bord d’embarcations. D’autres encore sont partis à pied ou en voiture vers le site gazier. Là, ils ont frappé à la porte du périmètre ultra-sécurisé, sur la péninsule d’Afungi, pour s’abriter.

Un bateau transportant 1400 personnes, « parti du site d’Afungi » la veille au soir, est arrivé dimanche à Pemba, distante d’environ 200 kilomètres, a affirmé à l’AFP une source participant à cette opération d’évacuation. Parmi eux, du personnel non essentiel du site gazier, mais surtout des habitants de Palma venus s’y réfugier.

Sur les plages de Pemba, pirogues et bateaux à voile traditionnels, chargés de réfugiés, arrivent depuis les côtes de Palma et d’Afungi, selon plusieurs sources. À l’aéroport, les vols réguliers ont été suspendus pour laisser place aux opérations militaires, selon des fonctionnaires sur place.

Parmi les 180 personnes ayant passé plus de 48 heures infernales assiégées dans un hôtel de Palma, situé entre la ville et son aéroport, après avoir fui l’attaque mercredi, plusieurs dizaines restent portées disparues. Quelque 80 d’entre eux étaient partis vendredi à bord de 17 camions militaires, dont seuls 7 ont pu sortir de la zone de conflit.

À voir en vidéo