Au moins 32 morts dans la collision de deux trains de passagers en Égypte

La collision, qui s’est traduite par le renversement d’au moins deux wagons, s’est déroulée entre les gares de Maragha et Tahta.
Photo: Agence France-Presse

La collision, qui s’est traduite par le renversement d’au moins deux wagons, s’est déroulée entre les gares de Maragha et Tahta.

Une violente collision survenue entre deux trains de voyageurs a fait au moins 32 morts et 108 blessées vendredi près de Sohag, dans le sud de l’Égypte, pays où ce type de drame mortel est récurrent.

Des images captées par une caméra de surveillance et visionnées par l’AFP montrent un accident d’une extrême violence dans lequel une voiture est projetée en l’air, soulevant un immense nuage de poussière.

« Aidez-nous, les gens meurent ! » hurle un jeune homme affolé, le visage et les cheveux pleins de poussière depuis l’intérieur d’une voiture renversée, selon d’autres images partagées en direct sur Facebook. « S’il vous plaît, partagez cette vidéo », dit-il encore.

La scène montre des blessés et des personnes en sang, certaines visiblement coincées au milieu de débris et des sièges renversés, criant et pleurant.

« On ne peut pas sortir les gens de la voiture », lance encore le jeune homme.

La vidéo qui se poursuit à l’extérieur montre des dizaines de personnes paniquées et des secouristes massés autour des voitures renversées et de débris métalliques.

Les responsables seront « punis »

Le ministère de la Santé a confirmé dans un communiqué que la collision impliquant deux trains est survenue entre les gares de Maghagha et de Tahta. Des dizaines d’ambulances ont été mobilisées pour transporter les blessés vers les hôpitaux et des renforts médicaux ont été envoyés du Caire, est-il aussi précisé.

Selon des images filmées à proximité des lieux de l’accident et largement diffusées par les médias locaux, plusieurs voitures sont renversées sur le côté, près d’un canal. Sur d’autres vidéos apparemment prises par des téléphones cellulaires et diffusées par des chaînes de télévision locales, une foule et des secouristes s’affairent au milieu des voitures de train et des débris éparpillés.

Lors d’une conférence de presse vendredi soir à Sohag, la ministre de la Santé, Hala Zayed, a fait état de 165 personnes blessées et hospitalisées.

Selon elle, 70 % d’entre elles souffrent de fractures.

Lors de cette conférence de presse, le premier ministre, Mostafa Madbouly, a annoncé que le président Abdel Fattah al-Sissi avait ordonné un « doublement » des indemnisations prévues pour les victimes et leurs familles, soit 100 000 livres (8000 dollars) pour chaque famille de personne décédée. Pour les blessés, les indemnisations vont de 20 000 (1600 dollars) à 40 000 livres (3200).

Selon lui, améliorer l’état des transports ferroviaires va « prendre du temps ». « En attendant, des accidents comme celui-ci peuvent arriver », a-t-il ajouté.

Réagissant au drame, le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, a promis que les responsables seraient punis. « Quiconque a causé ce douloureux accident par négligence ou corruption ou toute autre raison doit recevoir une sanction dissuasive, sans exception ni délai », a-t-il écrit sur son compte Twitter.

Une enquête a été ouverte pour élucider les circonstances de l’accident.

Circonstances de l’accident

Selon un communiqué de l’autorité égyptienne des chemins de fer, le train Louxor-Alexandrie et le train Assouan-Le Caire roulaient sur la même voie dans le même sens. Ils sont entrés en collision après que des individus non identifiés « ont actionné dans plusieurs voitures le frein de secours » dans l’un des deux trains.

La collision, qui s’est traduite par le renversement d’au moins deux voitures, s’est déroulée « entre les gares de Maragha et Tahta », a indiqué la même source, sans autre précision.

L’Égypte est souvent endeuillée par de graves accidents routiers ou ferroviaires, dus à une circulation anarchique, à des véhicules vétustes ou encore à des routes et des voies ferrées mal entretenues et peu surveillées.

La tragédie ferroviaire la plus meurtrière de l’histoire du pays s’était produite en 2002, avec l’incendie d’un train qui avait fait quelque 370 morts à une quarantaine de kilomètres au sud du Caire.

En février 2019, un train s’était encastré dans un mur de la gare centrale Ramsès au Caire, entraînant une explosion et un incendie dans lesquels une vingtaine de personnes avaient péri. À la suite de cet accident, le président Sissi avait annoncé le remplacement du ministre des Transports, Hicham Arafat, un civil, par un général, Kamel el-Wazir.

Un sommet Irak-Jordanie-Égypte qui devait avoir lieu vendredi et samedi à Bagdad, où M. Sissi devait se rendre, a été annulé en raison de l’accident de train.

La collision de vendredi à Sohag intervient au moment où l’Égypte fait face à un autre défi majeur lié aux transports : un porte-conteneurs de 400 mètres de long est coincé depuis mardi en travers du canal de Suez, perturbant fortement le fret maritime international.

À voir en vidéo