Ebola fait à nouveau trembler l’Afrique de l’Ouest

Partie en décembre 2013 de Guinée forestière, avant de se propager au Liberia et à la Sierra Leone voisins, l’épidémie en Afrique de l’Ouest s’était achevée en 2016 après avoir atteint 10 pays.
Photo: Cellou Binani Archives Agence France-Presse Partie en décembre 2013 de Guinée forestière, avant de se propager au Liberia et à la Sierra Leone voisins, l’épidémie en Afrique de l’Ouest s’était achevée en 2016 après avoir atteint 10 pays.

Après cinq ans d’absence, la maladie à virus Ebola fait un retour en force en Afrique de l’Ouest, à nouveau confronté à une épidémie de fièvre hémorragique avec sept cas, dont trois mortels, recensés dimanche dans le sud-est de la Guinée.

Les nouveaux cas sont apparus dans la région de la Guinée forestière, près du Liberia. Des tests effectués à Conakry, capitale du pays, ont confirmé dimanche qu’il s’agissait bien d’Ebola. « Cela met la Guinée en situation d’épidémie », a annoncé dans la foulée le patron de l’Agence nationale de sécurité sanitaire guinéenne, le Dr Sakoba Keïta, à l’issue d’une réunion d’urgence.

Les nouveaux patients ont été isolés, et des centres de prise en charge ont été « réactivés » à Nzérékoré et à Conakry, a-t-il indiqué. Une « mission d’investigation » va « délimiter la zone incriminée [...] afin d’identifier les contacts et de les isoler ». Il faudra aussi déterminer l’origine de cette résurgence, qui pourrait provenir d’un « malade anciennement guéri dont la maladie s’est réveillée » ou d’une transmission par des « animaux sauvages, notamment les chauves-souris », a souligné le Dr Keïta.

Or, « la situation par rapport à 2014 est très différente, puisque, à l’époque, on avait mis trois mois et demi pour le diagnostic, alors que cette fois-ci on a mis moins de deux semaines », a-t-il relevé. « Sans compter que le vaccin aussi existe et est à portée de main à Genève », le siège de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). « Nous allons utiliser notre arme fatale qu’est la vaccination », a-t-il lancé.

L’OMS va déployer « rapidement » des moyens et faire en sorte que des doses de vaccins nécessaires soient « mises à disposition le plus rapidement possible pour aider à cette riposte », a affirmé son représentant à Conakry, le professeur Alfred George Ki-Zerbo.

Au Liberia, pays voisin de la Guinée, où aucun cas n’a été signalé, le président, George Weah, a immédiatement ordonné le renforcement de la vigilance et de la sensibilisation des populations, en particulier le long de la frontière.

Le bilan de la précédente épidémie en Afrique de l’Ouest, bien que sous-évalué de l’aveu même de l’OMS, est sept fois supérieur en nombre de morts à celui cumulé de toutes les précédentes épidémies d’Ebola depuis son apparition en 1976.

La deuxième épidémie d’Ebola parmi les plus importantes, la dixième enregistrée en République démocratique du Congo, s’était déclarée en août 2018 dans l’est du pays. Elle s’est officiellement achevée en juin 2020, avec un bilan de 3481 cas et 2299 décès, selon l’OMS. Kinshasa a annoncé début février une nouvelle « résurgence », qui a fait au moins deux victimes.

Pays pauvre malgré d’importantes ressources naturelles, la Guinée reste en proie à de profondes divisions causées par l’élection pour un troisième mandat controversé en octobre dernier de son président, Alpha Condé, et par des arrestations d’opposants.

Le pays, aux capacités sanitaires limitées comme beaucoup d’autres dans la région, a en outre enregistré officiellement quelque 15 000 cas de COVID-19, pour 84 morts.

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