Près de 2000 manifestants à Tunis contre la politique sécuritaire répressive

Vendredi, des dizaines d’organisations ont dénoncé des dérives policières et appelé à sanctionner les débordements de syndicats de policiers qui ont menacé des manifestants antisystème.
Photo: Fethi Belaid Agence France-Presse Vendredi, des dizaines d’organisations ont dénoncé des dérives policières et appelé à sanctionner les débordements de syndicats de policiers qui ont menacé des manifestants antisystème.

Environ 2000 manifestants se sont rassemblés samedi à Tunis, sous l’encadrement d’un fort dispositif policier, pour dénoncer une politique sécuritaire répressive ainsi que des atteintes aux libertés de protestataires antisystème mobilisés ces dernières semaines.

À l’appel de plusieurs organisations nationales, dont le principal syndicat, l’UGTT, les manifestants se sont rassemblés sur la place des Droits de l’homme à quelques centaines de mètres du ministère de l’Intérieur, a constaté l’AFP.

Ils ont ensuite défilé jusqu’à l’avenue Habib Bourguiba, symbole de la révolution de 2011, dont les accès avaient été bloqués dans la matinée par la police.

« À bas le régime des Frères musulmans, à bas le tortionnaire du peuple », « Libertés », ont crié les manifestants qui scandaient aussi des slogans hostiles au président du Parlement Rached Ghannouchi, à la tête du parti d’inspiration islamiste Ennahdha au pouvoir.

Des agents civils prenaient des photos de manifestants, notamment ceux jetant des bouteilles d’eau sur des policiers, a observé l’AFP.

« Non à l’impunité », « À bas le régime policier », pouvait-on lire sur des affiches brandies par des manifestants qui réclament la libération de tous les jeunes arrêtés lors des récents mouvements sociaux.

Mi-janvier, plus de 1500 jeunes selon la Ligue tunisienne pour la défense des droits de l’homme, ont été arrêtés. Un protestataire a par ailleurs été tué lors de heurts entre des jeunes et des policiers.

Les manifestants ont par ailleurs rendu hommage à Chokri Belaïd, un opposant de gauche et critique virulent du parti Ennahdha, assassiné le 6 février 2013. Sa mort avait enfoncé le pays dans une profonde crise politique, obligeant Ennahdha à quitter le gouvernement.

Des députés et des hommes politiques de gauche ont également participé à la manifestation.

« Aujourd’hui il y a eu une atteinte aux droits du citoyen de circuler ou de manifester pacifiquement. Ces scènes nous rappellent les anciennes pratiques sous le régime de Zine El Abidine Ben Ali », a déploré Amira Mohamed, vice-présidente du Syndicat national des journalistes tunisiens.

« C’est un projet de nouvelle dictature », a-t-elle ajouté.

Vendredi, des dizaines d’organisations ont dénoncé des dérives policières et appelé à sanctionner les débordements de syndicats de policiers qui ont menacé des manifestants antisystème.

Ces mouvements sociaux ont lieu dans un contexte politique très tendu et de bras de fer entre le président Kaïs Saïed et le chef du gouvernement Hichem Mechichi et Ennahdha, après un remaniement ministériel.

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