L’opposition centrafricaine veut l’annulation des élections

Dans un pays occupé aux deux tiers par des groupes armés, des milliers de personnes ont été empêchées de voter.
Photo: Alexis Huguet Agence France-Presse Dans un pays occupé aux deux tiers par des groupes armés, des milliers de personnes ont été empêchées de voter.

La coalition de l’opposition a demandé mercredi l’annulation des élections présidentielle et législatives du 27 décembre en Centrafrique, perturbées par des groupes rebelles, un scrutin pourtant salué comme « crédible » et « légitime » par le gouvernement et la communauté internationale.

Dans un pays occupé aux deux tiers par des groupes armés, des milliers de personnes ont été empêchées de voter ou privées de leur carte d’électeur, jamais arrivée en raison de l’insécurité due à une offensive rebelle et à la guerre civile qui ravage la Centrafrique depuis près de huit ans. Sur un total de 71 sous-préfectures, « 29 n’ont pas voté », avait déclaré lundi le ministre de l’Administration du territoire. « Et dans six autres sous-préfectures, il n’y a eu qu’un vote partiel », avait ajouté Momokoama Théophile, rapporteur général de l’Autorité nationale des élections (ANE).

La Coalition de l’opposition démocratique (COD-2020) regroupe les plus importants partis et mouvements de l’opposition et avait déjà exigé le 19 décembre le report des élections, pendant que des groupes rebelles menaient une offensive contre le président, Faustin Archange Touadéra, et promettaient de « marcher sur Bangui ». Cette coalition était présidée jusqu’à il y a peu par l’ancien président François Bozizé, dont la candidature avait été invalidée et qui a apporté dimanche officiellement son soutien aux rebelles.

Pour la COD-2020, les élections de dimanche n’ont pas été « justes et inclusives et ne sont nullement l’expression de la volonté du peuple centrafricain ». Elle énonce dans un communiqué une série de griefs, parmi lesquels l’absence d’élections sur l’ensemble du territoire, « des bourrages massifs des urnes » et « un nombre de votants qui dépasse celui des inscrits » dans certains bureaux de vote. Elle pointe également « l’absence des observateurs nationaux et internationaux dans l’arrière-pays » et « des dépouillements des résultats qui n’ont pas été faits aussitôt à la fin des votes ».

Depuis le scrutin, les violences se poursuivent dans le pays. Médecins sans frontières (MSF) a annoncé la mort d’un de ses collaborateurs lors de l’attaque lundi d’un camion de transport public à Grimari (centre). Des locaux du Comité international de la Croix-Rouge ont en outre été saccagés dimanche à Bouar par des hommes armés.

« Nous avons eu des élections crédibles, engagées et populaires », avait assuré mardi le porte-parole du gouvernement, Ange Maxime Kazagui, pour qui « les Centrafricains ont marqué leur volonté ferme d’aller voter, en dépit de tous les dangers ». « L’élection s’est déroulée dans les 16 préfectures de la République centrafricaine. 800 bureaux de vote n’ont pas été ouverts, sur 5408. Cela veut dire que 85 % des bureaux de vote ont été ouverts au public », avait-il nuancé.

Les premiers résultats partiels sont attendus le 4 janvier, les définitifs, le 19. Un éventuel second tour est prévu le 14 février.

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