Moubarak est mort

L’ancien président de l'Égypte, Hosni Moubarak, a été balayé en 2011 par le Printemps arabe.
Photo: Daniel Leal-Olivas Agence France-Presse L’ancien président de l'Égypte, Hosni Moubarak, a été balayé en 2011 par le Printemps arabe.

L’ancien président Hosni Moubarak, maître absolu de l’Égypte pendant 30 ans, balayé en 2011 par le Printemps arabe, emprisonné puis acquitté, est décédé mardi à l’âge de 91 ans, dans un hôpital militaire du Caire. Abdel Fattah al-Sissi, président depuis 2014, a salué l’un des « héros de la guerre d’octobre 1973 » contre Israël, durant laquelle Moubarak avait dirigé l’armée de l’air.

Depuis sa démission en février 2011 après 18 jours d’une révolte sans précédent contre son régime, la santé de l’ancien chef d’État avait fait l’objet de spéculations dans la presse et sur les réseaux sociaux. Dépression, cancer, problèmes cardiaques ou respiratoires avaient été évoqués pour l’ancien président, régulièrement hospitalisé en soins intensifs.

Mardi, la nouvelle de son décès à l’hôpital al-Galaa (est du Caire) a été confirmée par la famille et relayée par la télévision égyptienne, qui arbore depuis lors un ruban noir symbolique. Selon les médias égyptiens, des funérailles militaires seront organisées mercredi à la mosquée al-Mouchir Tantaoui, dans l’est du Caire. Et les autorités ont décrété une période de deuil national de trois jours à compter de mercredi.

Mohamed el-Baradei, Prix Nobel et figure de proue de l’opposition libérale à l’ancien autocrate, a présenté ses condoléances à la famille du défunt. Ayman Nour, opposant exilé en Turquie et ancien candidat à la présidentielle de 2012, a déclaré sur Twitter lui « pardonner ».

Toutes les réactions n’étaient cependant pas positives, notamment au sein des militants anti-Moubarak. « Il a vécu comme un criminel et un tyran et il est mort comme un criminel et un voleur », a ainsi tweeté Racha Azab, une journaliste et opposante de gauche, figure de la révolution dont la répression avait fait au moins 850 morts.

L’ancien commandant en chef, à la tête pendant 30 ans d’un régime marqué par les abus policiers et la corruption, aura été le premier président du pays à être traduit en justice. Il a toutefois été blanchi de la plupart des accusations qui pesaient contre lui. Ses ennuis judiciaires ont été peu à peu éclipsés par l’arrivée au pouvoir des Frères musulmans en 2012 et la destitution en 2013 du président islamiste Mohamed Morsi par le général Sissi.

Au fil des années, l’aversion des Égyptiens pour Moubarak s’est petit à petit muée en une sorte d’indifférence mêlée de nostalgie, son règne étant perçu comme une période de stabilité révolue.