RDC : un manifestant tué à Beni dans des marches contre les massacres

Le décès a été confirmé à l’AFP par le parquet de la justice militaire. Le procureur a également parlé d’un policier qui se trouve « dans un état critique aux urgences ». Les mêmes sources ont aussi fait état de 6 ou 7 manifestants hospitalisés dans un état grave.
Photo: Alexis Huguet Agence France-Presse Le décès a été confirmé à l’AFP par le parquet de la justice militaire. Le procureur a également parlé d’un policier qui se trouve « dans un état critique aux urgences ». Les mêmes sources ont aussi fait état de 6 ou 7 manifestants hospitalisés dans un état grave.

Au moins un manifestant a été tué par la police et plusieurs ont été blessés samedi lors de la dispersion d’un rassemblement contre les massacres de civils à Beni, dans l’est de la République démocratique du Congo, a appris l’AFP de sources militante et judiciaire.

« Le docteur vient de nous annoncer que [le militant] Obadi est mort. On vient de l’emmener à la morgue », a déclaré un membre du mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha), Ghislain Muhiwa Kasereka, dans la cour de l’hôpital de Beni.

« La police tire à balles réelles sur des civils à Beni », avait-il écrit plus tôt sur Twitter, en postant une photo d’un homme en sang par terre.

Le décès a été confirmé à l’AFP par le parquet de la justice militaire. Le procureur a également parlé d’un policier qui se trouve « dans un état critique aux urgences ». Les mêmes sources ont aussi fait état de 6 ou 7 manifestants hospitalisés dans un état grave.

À la mi-journée, la police a tiré à proximité de l’hôpital et de la mairie dans le centre de Beni, a constaté l’AFP. Deux policiers ont été interpellés et sont détenus par la justice militaire, a indiqué le parquet de cette dernière. Une enquête est ouverte pour « déterminer les circonstances dans lesquelles le militant de la Lucha a trouvé la mort », avant une éventuelle information judiciaire.

Samedi matin, des habitants de Beni ont protesté pour le troisième jour de suite contre les massacres de civils dans la région, attribués au groupe des Forces démocratiques alliées (ADF). Aux moins 60 civils ont été massacrés à Beni et ses environs depuis l’annonce le 30 octobre d’une offensive de l’armée congolaise contre les ADF.

Emmenés entre autres par des militants de la Lucha, les manifestants dénoncent l’inaction et l’inefficacité de l’armée et des Casques bleus de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco) face aux ADF.

La Monusco rappelle que l’armée congolaise a lancé son offensive contre les ADF de manière unilatérale, sans solliciter l’appui et le renfort de ses Casques bleus. « Nous sommes prêts à mener des combats contre les ADF », a déclaré le chef du bureau de la Monusco dans la région, Omar Abud, à l’issue d’une réunion avec les autorités civiles et militaires. « Nous allons toujours travailler ensemble jusqu’à mettre hors d’état de nuire cet ennemi-là (les ADF) », a ajouté le général congolais Jacques Chaligonza.

Pour sa part, le gouverneur du Nord-Kivu s’est inquiété de la suspension des activités anti-Ebola pour le quatrième jour de suite à Beni, l’un des épicentres de l’épidémie. « La diminution progressive des cas est une bonne nouvelle. Mais la mauvaise nouvelle, c’est que […] l’insécurité empêche de suivre les contacts des personnes malades », avait déjà déclaré un responsable de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) vendredi, Michael Ryan, lors d’un point de presse à Genève.