Plus de deux millions de musulmans entament le pèlerinage à La Mecque

<p>En tout, quelque 2,5 millions de pèlerins, étrangers ou vivant en Arabie saoudite, doivent accomplir cette année le <em>hajj</em>, selon la presse locale.</p>
Photo: Fethi Belaid Agence France-Presse

En tout, quelque 2,5 millions de pèlerins, étrangers ou vivant en Arabie saoudite, doivent accomplir cette année le hajj, selon la presse locale.

Plus de deux millions de musulmans ont entamé vendredi sous une chaleur écrasante le pèlerinage annuel à La Mecque en Arabie saoudite, les autorités mettant en garde contre toute tentative de politisation de ce rassemblement religieux sur fond de tensions dans le Golfe.

À pied ou en bus, les pèlerins venus du monde entier ont parcouru vendredi la dizaine de kilomètres séparant la première ville sainte de l’islam, dans l’ouest du royaume saoudien, de la vallée rocailleuse de Mina et des abords du mont Arafat, où ils passeront la nuit.

Des centaines d’arroseurs ont aspergé d’une pluie fine les fidèles marchant par une température excédant les 40 degrés Celsius. Cliniques mobiles et ambulances stationnaient tout le long du chemin tandis que des hélicoptères du Croissant-Rouge saoudien survolaient les airs.

En tout, 2,26 millions de pèlerins sont arrivés à Mina et aux abords du mont Arafat, dont 1,86 million venus de l’étranger, ont annoncé vendredi soir les autorités, citées par l’agence de presse officielle SPA.

Gérer des flux ininterrompus de fidèles et garantir leur sécurité lors du hadj, l’un des plus grands rassemblements religieux au monde, représentent un énorme défi logistique.

Des dizaines de milliers de membres des forces de l’ordre sont mobilisés pour éviter les brusques mouvements de foule et bousculades du passé, la plus meurtrière ayant fait en 2015 près de 2300 morts.

« Toutes les institutions de l’État sont mobilisées » et « nous sommes fiers de servir les “hôtes de Dieu” », avait déclaré jeudi le porte-parole des forces de sécurité, Bassam Attia.

Venus de plusieurs continents, les fidèles ont afflué vers La Mecque pour accomplir le hadj, l’un des cinq piliers de l’islam que tout musulman est censé accomplir au moins une fois dans sa vie s’il en a les moyens.

Cet ensemble de rites codifiés se déroule au coeur de La Mecque et dans ses environs.

Ceux qui l’accomplissent se verront octroyer le titre honorifique de « hadj », qui induit le respect et un certain prestige social.

« Le monde entier est ici », se réjouit Mohamed Barry, un Britannique de 45 ans. « Être à La Mecque est la meilleure des sensations », lance-t-il avec un grand sourire, un tapis de prière sur l’épaule.

Grand pélerinage

Construite dans une vallée désertique et interdite aux non-musulmans, La Mecque abrite la Kaaba, structure cubique drapée dans une étoffe noire brodée d’or, au coeur de la Grande Mosquée et ses minarets de style ottoman, dominés par des gratte-ciel abritant galeries marchandes et hôtels de luxe.

C’est vers la Kaaba que les musulmans du monde entier se tournent pendant leurs cinq prières quotidiennes. Les pèlerins doivent effectuer sept tours de la Kaaba.

Plus tôt dans la journée, les pèlerins avaient assisté à la prière hebdomadaire dans la Grande Mosquée.

Cette nuit, certains fidèles dormiront à Mina, une étroite vallée surplombée de montagnes, transformée chaque saison du hadj en un immense camp de tentes blanches destinées à abriter les fidèles.

Quelque « 350 000 tentes climatisées ont été dressées », selon un responsable saoudien.

D’autres pèlerins dormiront près du mont Arafat. Samedi, tous entameront l’ascension de ce « mont de la Miséricorde » pour prier et se recueillir, avant de mettre ou remettre le cap sur Mina pour le rituel de la lapidation de Satan.

Ce rituel marque le début de l’Aïd Al-Adha, la fête du sacrifice célébrée dimanche. Les pèlerins doivent se rendre une dernière fois à la Grande Mosquée pour un « tour d’adieu » à la Kaaba.

Dans un contexte de vives tensions

Le hadj se déroule cette année dans un contexte de vives tensions dans le Golfe, marquées en mai et juin par une série d’attaques contre des pétroliers, un drone abattu et des navires-citernes arraisonnés.

Grands rivaux de l’Iran, l’Arabie saoudite et son allié américain accusent Téhéran, qui dément, d’être derrière les attaques.

Selon l’agence iranienne Tasnim, quelque 88 550 Iraniens participent au hadj cette année, en dépit de la rupture des relations diplomatiques entre Riyad et Téhéran.

Comme tous les ans, les autorités saoudiennes mettent en garde contre toute tentative de politisation du hadj.

L’Arabie saoudite et le Qatar, son voisin, ont rompu leurs relations diplomatiques en 2017 et la crise a abouti à une restriction des mouvements de citoyens qataris vers le royaume.

Riyad affirme que cette crise ne concerne pas le hadj.

Cependant, « très peu de Qataris sont arrivés à La Mecque », a dit le responsable au ministère saoudien du hadj, accusant les autorités qataries de « politiser » le pèlerinage et de « mettre des obstacles devant les pèlerins du Qatar ».