Le conseil militaire et l’opposition engagés vers une transition au Soudan

Le numéro 3 du département d’État américain, David Hale, s’est entretenu avec le chef du conseil militaire au pouvoir, le général Abdel Fattah al-Burhane, des leaders de la contestation et des membres de la société civile.
Photo: Ashraf Shazly Agence France-Presse Le numéro 3 du département d’État américain, David Hale, s’est entretenu avec le chef du conseil militaire au pouvoir, le général Abdel Fattah al-Burhane, des leaders de la contestation et des membres de la société civile.

Les généraux au pouvoir au Soudan et les leaders du mouvement de contestation se sont fermement engagés à faire réussir la période de transition pour l’établissement d’un pouvoir civil, a déclaré mercredi un responsable américain.

Le numéro 3 du département d’État américain, David Hale, a tenu ces propos après s’être entretenu avec le chef du conseil militaire au pouvoir, le général Abdel Fattah al-Burhane, des leaders de la contestation et des membres de la société civile.

Les dirigeants militaires et les meneurs de la contestation ont paraphé dimanche un accord prévoyant l’établissement d’un Conseil souverain qui devra mener, avec un Parlement et un gouvernement, la transition pendant un peu plus de trois ans.

« J’achève ma visite après avoir entendu de très fortes promesses d’engagement de la part de tous les gens que j’ai rencontrés pour faire marcher l’accord sur la transition », a dit M. Hale lors d’une conférence de presse à Khartoum.

L’Amérique est pleinement engagée à aider la transition au Soudan vers un gouvernement dirigé par les civils qui reflète la volonté du peuple soudanais

Le responsable américain a qualifié l’accord d'« historique ». « L’Amérique est pleinement engagée à aider la transition au Soudan vers un gouvernement dirigé par les civils qui reflète la volonté du peuple soudanais », a-t-il ajouté.

Des mois de pourparlers

Depuis le 19 décembre, le Soudan était secoué par un mouvement de contestation — initialement contre le triplement du prix du pain — qui a mené le 11 avril à la chute du président Omar el-Béchir, avant de se mobiliser contre les militaires l’ayant remplacé au pouvoir.

Après des mois de pourparlers régulièrement interrompus par des violences, comme la dispersion meurtrière le 3 juin d’un sit-in devant le quartier général de l’armée à Khartoum, un accord global a finalement été trouvé. L’accord paraphé dimanche, salué par la communauté internationale, doit être formellement signé le 17 août.

Et les membres du Conseil souverain, qui doit compter cinq militaires et six civils, doivent être désignés le 18 août, le premier ministre le 20 août et les membres du gouvernement le 28 août, selon Monzer Abou al-Maali, un des meneurs de la contestation.