Le système antidécrochage était activé dans le Boeing d’Ethiopian Airlines

Un Boeing 737 MAX 8 d’Ethiopian Airlines stationné à l’aéroport international de Bole à Addis-Abeba, en Ethiopie, le samedi 23 mars 2019
Photo: Mulugeta Ayene Associated Press Un Boeing 737 MAX 8 d’Ethiopian Airlines stationné à l’aéroport international de Bole à Addis-Abeba, en Ethiopie, le samedi 23 mars 2019

Le système antidécrochage MCAS, mis en cause dans l’écrasement du 737 MAX 8 de Lion Air, était également activé dans l’appareil d’Ethiopian Airlines peu avant que celui-ci pique du nez et s’écrase le 10 mars, a indiqué vendredi à l’AFP une source proche du dossier. Cette information fait partie des conclusions préliminaires tirées de l’analyse des boîtes noires du vol 302 d’Ethiopian Airlines, a poursuivi la source sous le couvert de l’anonymat. Elle a ajouté que l’information avait été présentée jeudi aux autorités américaines, dont l’Agence fédérale de l’aviation (FAA), qui analysent les données transmises par l’Éthiopie. Il n’est pas exclu que les régulateurs américains revoient leurs conclusions, a toutefois averti la source, confirmant des informations du Wall Street Journal.

Boeing fait face à une première plainte déposée par la famille d’un citoyen rwandais, Jackson Musoni, une des 157 personnes mortes dans l’accident survenu au sud-est d’Addis-Abeba quelques minutes seulement après le décollage. La famille de M. Musoni, par l’intermédiaire de son avocat, accuse Boeing d’avoir développé un système antidécrochage défectueux.

Les autorités éthiopiennes ont promis, de leur côté, de présenter le rapport préliminaire sur l’accident d’ici la mi-avril, mais elles ont déjà dit qu’il y avait des « similarités claires » entre l’écrasement du vol 302 d’Ethiopian Airlines et celui du vol 610 de Lion Air le 29 octobre (189 morts). Dans les deux cas, les régulateurs et les experts aéronautiques estiment que le logiciel antidécrochage MCAS (Maneuvering Characteristics Augmentation System) a joué un rôle. Il a été installé sur les 737 MAX pour compenser les problèmes aérodynamiques posés par le changement d’emplacement et le poids des deux moteurs de l’appareil.

« Il y a eu une reconfiguration de l’avion, ce qui signifie que les moteurs ont été avancés […], changeant sans aucun doute la forme du fuselage et, finalement, altérant l’aérodynamisme », a indiqué par téléphone à l’AFP Steven Marks, le conseil de la famille de Jackson Musoni.

Les premiers éléments de l’enquête sur le 737 MAX de Lion Air indiquent qu’une des sondes d’incidence de l’appareil était tombée en panne, mais elle avait continué à transmettre des informations aux calculateurs, notamment au MCAS, qui continuait de tenter de faire piquer l’avion pour reprendre de la vitesse malgré les tentatives des pilotes de redresser l’avion.