Martin Fayulu poursuit son appel à manifester en RDC

Martin Fayulu a tenté de rassembler ses troupes dans les rues de Kinshasa.
Photo: Jerome Delay Associated Press Martin Fayulu a tenté de rassembler ses troupes dans les rues de Kinshasa.

L’opposant congolais Martin Fayulu n’arrivait toujours pas lundi à mobiliser ses partisans avant la prestation de serment du président déclaré élu, Félix Tshisekedi, qui devrait être reportée à jeudi, le temps de lancer les invitations aux chefs d’État africains et aux chancelleries.

M. Fayulu — qui conteste la victoire de M. Tshisekedi — a tenté dans la matinée de rassembler ses troupes dans les rues de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), devant le siège de son parti et de ses alliés du Mouvement de libération du Congo.

Au total, une cinquantaine de militants ont manifesté, très encadrés par la police antiémeute. Plus tard, des heurts ont brièvement éclaté entre quelque 300 partisans de Fayulu et des proches allégués de Félix Tshisekedi. Un homme a été grièvement blessé à la tête par un jet de pierre, avant que la police ne s’interpose.

« La population est encore dans l’étonnement. Nous allons expliquer ce “hold-up”, puis nous allons élaborer des stratégies pour exprimer notre refus de ces résultats contraires à la volonté exprimée dans les urnes par le peuple », a déclaré Wina Lokondo, coordonnateur de la coalition politique Lamuka, soutien de M. Fayulu, dans la province de l’Équateur (nord-ouest).

Intronisation reportée

Initialement prévue mardi dans le calendrier de la Commission électorale, la prestation de serment du président élu devrait avoir lieu jeudi. Il « subsiste encore quelques hésitations », a fait savoir Jean-Pierre Kambila, directeur de cabinet adjoint du président Joseph Kabila.

La validation de l’élection de l’opposant Tshisekedi par la Cour constitutionnelle dans la nuit de samedi à dimanche a divisé l’Union africaine (UA).

La population est encore dans l’étonnement. Nous allons expliquer ce “hold-up”, puis nous allons élaborer des stratégies pour exprimer notre refus de ces résultats contraires à la volonté exprimée dans les urnes par le peuple.

 

Première puissance économique du continent, l’Afrique du Sud a félicité M. Tshisekedi, accusé par M. Fayulu d’être le complice d’un « putsch électoral » orchestré par le président sortant, Joseph Kabila. L’élection de M. Tshisekedi a aussi ravivé les clivages habituels parmi les neuf voisins de la RDC. Le Burundi et la Tanzanie, qui coopèrent avec Kinshasa dans la traque des rebelles, ont félicité le nouveau président de la République. En revanche, le Congo-Brazzaville, l’Ouganda, le Rwanda, la Zambie et l’Angola sont restés muets.

Le Rwanda surtout a essuyé un revers : son président, Paul Kagame (président en exercice de l’UA), voulait conduire une délégation de haut niveau ce lundi à Kinshasa pour mener une médiation dans le contentieux électoral. Mais il a été pris de vitesse par la Cour constitutionnelle qui a validé les résultats avant l’arrivée de la mission.

Mise devant le fait accompli, l’UA s’est contentée de « prendre note » de la proclamation des résultats par la Cour constitutionnelle et de « reporter » sa mission à Kinshasa.