Burkina Faso: le Canadien Kirk Woodman retrouvé mort

Kirk Woodman travaillait pour la société minière vancouvéroise Progress Mineral.
Photo: LinkedIn Kirk Woodman travaillait pour la société minière vancouvéroise Progress Mineral.

Le Canadien qui avait été kidnappé au Burkina Faso a été retrouvé mort, ont confirmé jeudi des responsables du gouvernement burkinabé.
 

Au Canada, la ministre des Affaires étrangères a publié un communiqué pour exprimer sa consternation.
 

Le corps de Kirk Woodman, un homme originaire d’Halifax qui travaillait pour la société minière vancouvéroise Progress Mineral, a été trouvé tard mercredi, a dit un responsable du ministère burkinabé de la Sécurité, Jean-Paul Badoum, révélant que le corps avait été atteint de plusieurs balles.
 

M. Baboum a dit que M. Woodman avait été enlevé par des hommes armés d’un camp minier, mais ses ravisseurs n’ont pas encore été identifiés. Il a ajouté que le corps a été retrouvé seul.
 

Le fils de M. Woodman, Matt Woodman, a confirmé son décès dans un courriel envoyé à l’Associated Press.
 

« Il est mort, a-t-il écrit. Kirk était un mari, un père, un frère et un fils aimant et travaillant. Nous nous ennuierons de lui chaque jour. Notre famille souhaite remercier tout le monde pour l’amour et les appuis que nous avons reçus, mais nous demandons le respect de notre intimité pendant notre deuil, pendant cette période difficile. »
 

M. Woodman avait été enlevé mardi soir par des extrémistes qui ont attaqué un site minier de Tiabongou, à environ 20 km de Mansila, dans la province du Yagha.

On est par ailleurs toujours sans nouvelles d’Édith Blais, une Québécoise qui se déplaçait dans la région avec un ami italien. Mercredi, le gouvernement de Ouagadougou, en annonçant l’enlèvement de M. Woodman, disait considérer que Mme Blais et son compagnon de voyage avaient aussi été enlevés.
 

À Sherbrooke, où se tient une réunion du conseil des ministres du gouvernement Trudeau, la ministre Chrystia Freeland a fait une courte déclaration devant la presse et parlé d’un « crime terrible » et d’une « nouvelle atroce ».
 

« Nous travaillons avec le gouvernement du Burkina Faso et d’autres partenaires internationaux afin de rechercher les responsables et les traduire en justice », a dit Mme Freeland par voie de communiqué.
 

Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération du Burkina Faso, Alpha Barry, a déclaré sur Facebook que « c’est avec une vive émotion et une grande tristesse que nous avons appris la mort du Canadien Kirk Woodman ».
 

M. Barry a révélé que le corps a été retrouvé vers 15 h, heure locale, dans le village de Tiabangou, dans la commune de Mansila, dans la province du Yagha.
 

« Le gouvernement du Burkina condamne avec la dernière énergie ce lâche assassinat et rassure qu’une enquête est ouverte et toutes les mesures seront prises pour retrouver et punir les coupables », a dit le ministre.
 

De nombreux enlèvements

Plusieurs ressortissants étrangers ont été enlevés ces derniers mois au Burkina.

En septembre 2018, un Indien et un Sud-Africain travaillant également dans le secteur minier ont été enlevés sur la mine d’or d’Inata (nord).

En janvier 2016, un couple australien, le Dr Kenneth Elliot et son épouse Jocelyn, qui dirigeaient une clinique depuis de nombreuses années, avaient été enlevés à Djibo (nord). Mme Elliot avait été libérée après un an de captivité, mais son époux demeure captif.

Un Roumain, Iulian Ghergut, qui travaillait pour l’énorme mine de manganèse de Tambao (nord), est toujours détenu par des djihadistes depuis son enlèvement en avril 2015.

Les forces armées sont incapables d’enrayer les attaques attribuées aux djihadistes d’Ansaroul Islam, du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) et d’autres groupuscules. D’abord localisées dans le nord du pays, elles se sont étendues en 2018 dans l’est et dans l’ouest du Burkina, faisant plus de 270 morts depuis 2015.