Présidentielle en RDC: Félix Tshisekedi déclaré vainqueur

Félix Tshisekedi, fils encore méconnu de l’icône de l’opposition, le regretté Étienne Tshisekedi, a réussi ce que son père recherchait depuis des décennies.
Photo: Luis Tato Agence France-Presse Félix Tshisekedi, fils encore méconnu de l’icône de l’opposition, le regretté Étienne Tshisekedi, a réussi ce que son père recherchait depuis des décennies.

La commission électorale en République démocratique du Congo (RDC) a déclaré que le candidat de l’opposition Félix Tshisekedi avait remporté l’élection présidentielle.
 

Après l’annonce au petit matin, jeudi, en RDC, bon nombre de Congolais dansaient et exprimaient leur satisfaction devant les bureaux de la commission.
 

M. Tshisekedi, qui a recueilli plus de 7 millions de voix, n’était pas perçu comme un favori pour l’emporter au scrutin. Certains observateurs ont laissé entendre que le gouvernement du président Joseph Kabila cherchait à conclure un accord alors que les espoirs de victoire du candidat du parti au pouvoir, Emmanuel Ramazani Shadary, s’amenuisaient. M. Shadary a obtenu plus de 4 millions de voix, selon la commission électorale.
 

La cour constitutionnelle a 14 jours pour valider les résultats.
 

Félix Tshisekedi, fils encore méconnu de l’icône de l’opposition, le regretté Étienne Tshisekedi, a réussi ce que son père recherchait depuis des décennies.
 

Ces résultats longuement reportés sont annoncés à la suite de pressions internationales pour un résultat reflétant la volonté de la population. Des observateurs électoraux ont signalé de nombreuses irrégularités.
 

Kabila régnait depuis 2001 dans le pays troublé, riche en minéraux essentiels aux téléphones intelligents du monde entier. Il pourrait s’agir du premier transfert de pouvoir démocratique et pacifique de la République démocratique du Congo depuis l’indépendance en 1960.
 

Des policiers antiémeute armés de canons à eau et des véhicules blindés encerclaient mercredi les bureaux de la commission électorale de la République démocratique du Congo, dans l’attente de résultats de l’élection présidentielle.
 

Des groupes de l’opposition avaient appelé les citoyens à se préparer à « descendre massivement dans la rue » si les résultats ne correspondaient pas à « la vérité des urnes ».
 

Les résultats préliminaires des élections du 30 décembre étaient attendus dimanche, mais la commission avait retardé indéfiniment l’annonce, ce qui avait alimenté la suspicion de nombreux Congolais. Certains estimaient que ce report laissait croire à une manipulation en faveur du parti au pouvoir.
 

Le président sortant Joseph Kabila soutenait le candidat du parti au pouvoir, Emmanuel Ramazani Shadary, un ancien ministre de l’Intérieur condamné par l’Union européenne pour sa répression contre les manifestants ayant dénoncé le retard dans les élections, qui devaient avoir lieu il y a deux ans.
 

Le gouvernement a coupé le service Internet dans tout le pays au lendemain des élections pour empêcher toute spéculation sur le vainqueur, et a aussi bloqué certaines stations de radio.

L’opposant Martin Fayulu dénonce un «putsch électoral»

L’opposant Martin Fayulu a dénoncé jeudi dans une interview à Radio France Internationale un « putsch électoral ».


« Ces résultats n’ont rien à voir avec la vérité des urnes », a déclaré M. Fayulu, arrivé deuxième à l’élection présidentielle selon les résultats provisoires.
 

« C’est un véritable putsch électoral, c’est incompréhensible », a dit M. Fayulu, crédité par la Céni de 34,8 % des voix contre 38,57 % à M. Tshisekedi.
 

« C’est une vilaine escroquerie de M. Nangaa et de son camp politique », a accusé M. Fayulu, faisant référence à Corneille Nangaa, le chef de la Céni.
 

« On a volé la victoire du peuple congolais, et le peuple congolais n’acceptera jamais que sa victoire lui soit volée », a affirmé M. Fayulu.
 

Il a appelé « tous ceux qui ont observé les élections » à « nous dire la vérité, publier les résultats ». « On ne peut pas se taire, c’est une escroquerie, c’est une blague qu’on ne peut pas aujourd’hui accepter », a-t-il insisté.