Tensions vives dans l’attente des résultats de la présidentielle en RDC

La journée du scrutin a été marquée par des ralentissements et des défaillances d'équipements, créant notamment de longues listes d'électeurs en colère à Kinshasa.
Photo: Jerome Delay Associated Press La journée du scrutin a été marquée par des ralentissements et des défaillances d'équipements, créant notamment de longues listes d'électeurs en colère à Kinshasa.

Dans l’attente des premiers résultats de l’élection présidentielle en République démocratique du Congo (RDC), le président américain Donald Trump a affirmé que du personnel militaire avait été déployé en Afrique centrale pour protéger les avoirs américains contre d’éventuelles « manifestations violentes ».

Le Congo fait face à ce qui pourrait être son premier transfert de pouvoir démocratique et pacifique depuis l’indépendance à l’égard de la Belgique en 1960, mais des observateurs électoraux et l’opposition ont exprimé de nombreuses inquiétudes quant aux irrégularités de vote. Le pays choisit un successeur au président de longue date Joseph Kabila.

Les premiers résultats sont attendus dimanche, et les États-Unis et l’Union africaine, entre autres, ont exhorté le Congo à publier des résultats reflétant la véritable volonté de la population. Les États-Unis ont menacé de sanctionner ceux qui saperaient le processus démocratique. Les observateurs électoraux occidentaux n’étaient pas invités à assister au processus électoral.

Le principal candidat de l’opposition, Martin Fayulu, homme d’affaires et législateur, a accusé les autorités congolaises d’avoir entravé sa campagne. Son directeur de campagne, Pierre Lumbi, a accusé samedi la commission électorale d’être « en train de reporter la publication des résultats ».

Samedi, le rapporteur de la commission, Jean Kalamba, a affirmé « nous verrons demain » et a indiqué que 44 pour cent des résultats avaient été compilés.

Jeudi dernier, l’Église catholique en RDC a affirmé que ses données permettaient clairement de distinguer le vainqueur de l’élection présidentielle et a appelé la commission électorale à publier les véritables résultats en respectant « la vérité et la justice ».

L’Église, une voix puissante dans ce vaste pays majoritairement catholique, a déployé quelque 40 000 observateurs électoraux lors du scrutin, mais elle ne peut dire qui semble être le gagnant, la réglementation électorale congolaise interdisant à quiconque, à l’exception de la commission électorale, d’annoncer les résultats.

L’Église a mis en garde contre un soulèvement populaire si des résultats mensongers étaient annoncés.