Traité nucléaire: la Russie hausse le ton

Vladimir Poutine a suggéré d’accueillir de nouveaux pays dans le traité INF, signé et appliqué seulement par les États-Unis et la Russie.
Photo: Mikhail Klimentyev Sputnik, Kremlin Pool Photo via Associated Press Vladimir Poutine a suggéré d’accueillir de nouveaux pays dans le traité INF, signé et appliqué seulement par les États-Unis et la Russie.

Le président de Russie, Vladimir Poutine, a dévoilé mardi les projets de Moscou si les États-Unis se retirent comme ils l’ont annoncé du traité nucléaire INF, assurant que la Russie développera des missiles stratégiques jusqu’alors interdits par cet accord signé en 1987.

Depuis que Donald Trump a annoncé son intention de sortir de ce traité signé par le dernier dirigeant soviétique, Mikhaïl Gorbatchev, et le président américain de l’époque, Ronald Reagan, la Russie ne décolère pas et met en garde contre un retour de la « course aux armements ».

Début décembre, Washington a réitéré ses intentions, le secrétaire d’État Mike Pompeo ayant donné à Moscou 60 jours pour s’y conformer.

Si Vladimir Poutine avait déjà menacé de développer de nouveaux missiles balistiques de portée intermédiaire en cas de retrait américain, il a pour la première fois détaillé ses intentions lors d’un discours devant les plus hauts gradés de l’armée russe au ministère de la Défense.

L’accord signé en 1987, qui interdit le développement d’armes nucléaires de portée intermédiaire, bannissait les missiles balistiques terrestres, mais pas ceux lancés depuis la mer ou les airs.

Les missiles Kalibr, développés pour les frégates de la marine russe, et les missiles air-sol Kh-101 seront donc adaptés pour être lancés depuis le sol, a d’emblée prévenu Vladimir Poutine.

« Ce ne sera probablement pas très difficile de mener la recherche et développement appropriée et de les installer sur terre si nécessaire », a-t-il déclaré avant de vanter une nouvelle fois les mérites du missile hypersonique « Kinjal » (« Poignard »), qu’il avait qualifié d’invincible en mars.

« Personne d’autre ne l’a », a répété le président russe, qui s’exprimait aux côtés de son ministre de la Défense, Sergueï Choïgou.

Vladimir Poutine a également suggéré d’accueillir de nouveaux pays dans le traité INF, signé et appliqué seulement par les États-Unis et la Russie. Si elle n’a pas été nommée, cette invitation s’adressait notamment à la Chine, qui a développé des missiles interdits par le traité INF.

« Il y a effectivement des difficultés avec ce traité. D’autres pays qui possèdent des missiles de portée intermédiaire n’en sont pas membres, a déclaré le président russe : Mais qu’est-ce qui nous empêche de lancer les négociations sur leur adhésion au traité existant ou de commencer les discussions sur un nouveau traité ? »

Le traité INF, en abolissant l’usage de toute une série de missiles d’une portée variant de 500 à 5500 km, avait mis un terme à la crise déclenchée dans les années 1980 par le déploiement des SS-20 soviétiques à têtes nucléaires ciblant les capitales occidentales.