Centrafrique: l’ancien chef militaire «Rambo» attend son procès devant la CPI

L’ex-chef de milice centrafricain Alfred Yekatom est arrivé au centre de détention de la Cour à La Haye dans la nuit de samedi à dimanche.
Photo: Gael Grilhot Agence France-Presse L’ex-chef de milice centrafricain Alfred Yekatom est arrivé au centre de détention de la Cour à La Haye dans la nuit de samedi à dimanche.

L’ex-chef de milice centrafricain Alfred Yekatom, remis samedi à la Cour pénale internationale (CPI), est arrivé au centre de détention de la Cour à La Haye dans la nuit de samedi à dimanche.

« Le suspect est arrivé au centre de détention », a déclaré Fadi El Abdallah, porte-parole de la CPI. M. Yekatom faisait l’objet d’un mandat d’arrêt « pour sa responsabilité pénale présumée de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité » commis entre décembre 2013 et août 2014.

La remise à la Cour du député centrafricain et ex-chef de milices antibalaka (autoproclamées d’autodéfense) est une première dans ce pays ravagé par des violences meurtrières depuis 2012.

La CPI avait ouvert une enquête en République centrafricaine en septembre 2014 sur les crimes de guerre et crimes contre l’humanité qui y auraient été commis.

Alfred Yekatom, 43 ans, « aurait commandé un groupe d’environ 3000 » combattants antibalaka, selon la CPI. Il pourrait être responsable, en tant que chef militaire, de « meurtre », de « torture et [de] traitements inhumains », de « mutilations », d’« attaques intentionnelles contre la population civile » et contre « des bâtiments consacrés à la religion ».

La Cour pénale internationale a de même « trouvé des motifs raisonnables de croire » que M. Yekatom aurait lui-même « commis ou ordonné, sollicité, encouragé et facilité » les crimes indiqués.

Ces crimes auraient été commis à Bangui et dans la préfecture de la Lobaye (sud), selon la CPI.

L’audience de comparution de M. Yekatom aura lieu « dans les meilleurs délais » après son arrivée à La Haye, avait précisé la Cour samedi.

En 2015, Alfred Yekatom, également connu sous le nom de colonel Rombhot, ou parfois « Rambo », avait été placé sous sanctions de l’ONU et du Trésor américain.

Le Trésor le soupçonnait d’avoir mené des campagnes d’exactions contre des populations musulmanes, d’avoir tué des civils à Mbaiki (sud) et d’avoir recruté 153 enfants soldats.

Ancien caporal-chef de l’armée centrafricaine, M. Yekatom avait été élu en 2016 député à l’Assemblée nationale. Il a été arrêté fin octobre après avoir tiré un coup de feu dans l’hémicycle.