Couvre-feu après des violences intercommunautaires au Nigeria

Ce n’est pas la première fois que la région de Kaduna est en proie à des violences intercommunautaires. En 2017, des heurts avaient eu lieu entre fermiers chrétiens et musulmans à Kafanchan, à 200 kilomètres de la ville de Kaduna. Ils avaient faits quelques dizaines de morts.
Photo: Stefan Heunis Agence France-Presse Ce n’est pas la première fois que la région de Kaduna est en proie à des violences intercommunautaires. En 2017, des heurts avaient eu lieu entre fermiers chrétiens et musulmans à Kafanchan, à 200 kilomètres de la ville de Kaduna. Ils avaient faits quelques dizaines de morts.

Le gouvernorat de Kaduna, où 55 personnes ont été tuées la semaine dernière dans des affrontements entre musulmans et chrétiens, a décrété dimanche, craignant un embrasement, un couvre-feu dans la capitale de cet État du nord du Nigeria.

« Un couvre-feu de 24 heures a été décrété dans la ville de Kaduna et ses environs avec effet immédiat », a déclaré le porte-parole du gouverneur, Samuel Aruwan, dans un communiqué.

Le gouverneur, Nasir El-Rufai, a demandé sur Twitter aux habitants « de respecter les consignes », de ne pas sortir de chez eux, affirmant que cette décision « a été prise dans l’intérêt de l’État ».

Cinquante-cinq personnes ont été tuées dans des violences entre jeunes chrétiens et musulmans à Kasuwan Magani, une localité située à une cinquantaine de kilomètres de la ville de Kaduna.

Les violences ont éclaté jeudi entre des porteurs avec brouettes musulmans haoussas, d’une part, et chrétiens de l’ethnie adara, d’autre part, à la suite d’une dispute sur le marché local.
 

Illustration: Le Devoir - Nextzen, OpenStreetMap

Des représailles sanglantes ont été menées dans la foulée par de jeunes Adaras contre la communauté musulmane de la ville, où de nombreuses maisons ont été incendiées.

Le couvre-feu a été décrété alors que des rumeurs se propageaient dimanche sur l’imminence d’autres représailles, des groupes de jeunes Haoussas commençant à vandaliser des voitures autour du principal marché de Kaduna.

La zone de Kaduna, située dans la ceinture centrale du Nigeria, point de rencontre entre un nord majoritairement musulman et un sud principalement chrétien, est un foyer de tensions traditionnel entre les différentes communautés.

La capitale de l’État homonyme a connu un pic de violences en 2002, lorsque plus de 3000 personnes ont été tuées en quelques jours au cours d’émeutes liées à l’organisation du concours de Miss Monde censé se tenir dans la capitale fédérale Abujan, mais auquel les musulmans étaient opposés et qui a finalement été annulé.

Depuis lors, la ville est de fait coupée en deux, la communauté musulmane étant établie au nord et les chrétiens au sud.