Ouganda: la détention du chanteur et député Bobi Wine dénoncée à travers le monde

Depuis son élection en 2017, Bobi Wine s’est imposé comme un porte-parole de la jeunesse ougandaise et un détracteur virulent du président Yoweri Museveni.
Photo: Isaac Kasamani Archives Agence France-Presse Depuis son élection en 2017, Bobi Wine s’est imposé comme un porte-parole de la jeunesse ougandaise et un détracteur virulent du président Yoweri Museveni.

Une centaine de musiciens, artistes et hommes politiques ont dénoncé mercredi dans une lettre ouverte le traitement infligé par le gouvernement ougandais au populaire chanteur et député Bobi Wine, arrêté le 14 août et toujours détenu à Kampala.

Les musiciens anglais Chris Martin et Damon Albarn, les chanteuses béninoise Angelique Kidjo et américaine Chrissie Hynde, l’écrivain nigérian Wole Soyinka, Prix Nobel de littérature, ainsi qu’un dirigeant du parti travailliste britannique, Tom Watson, et des militants de la société civile ougandaise « condamnent fortement l’arrestation, l’emprisonnement et l’agression physique brutale, menaçant sa vie, menée par les forces du gouvernement ougandais » contre Robert Kyagulanyi, plus connu sous le nom de Bobi Wine.

Bobi Wine a été arrêté à Arua, dans le nord-ouest du pays, où il était venu soutenir le candidat de son parti à une élection législative partielle. Il doit comparaître jeudi devant une cour martiale pour possession illégale d’armes.

Selon son avocat et sa famille, Bobi Wine a été battu et torturé pendant qu’il était sous la garde des forces de sécurité.

Les signataires de la lettre ouverte appellent le gouvernement ougandais « à lui assurer l’accès à un traitement médical » et réclament « une enquête complète et impartiale sur son arrestation violente et son emprisonnement ».

L’arrestation de celui qui, depuis son élection à l’Assemblée nationale en 2017, s’est imposé comme un porte-parole de la jeunesse ougandaise et un détracteur virulent du président Yoweri Museveni a mécontenté de nombreux Ougandais. Des manifestations de protestation lundi à Kampala ont été violemment réprimées par la police et l’armée, qui ont utilisé gaz lacrymogène et tirs à balle réelle pour disperser les protestataires.

Photo: Agence France-Presse Des manifestations de protestation ont eu lieu lundi à Kampala.

L’armée a tenté mercredi de faire taire les accusations de torture en diffusant une vidéo destinée à montrer la vedette en bonne santé en prison.

Des centaines de personnes se sont par ailleurs rassemblées mercredi dans la principale cathédrale catholique de Kampala afin de prier pour la libération du chanteur de 36 ans. Devant l’édifice, la foule scandait le slogan de sa campagne « Le pouvoir du peuple, notre pouvoir ».