Un scrutin très ouvert sans Kabila

Quelques heures avant la clôture du dépôt des candidatures, mercredi, le chef de l’État a finalement désigné un dauphin: Emmanuel Ramazani Shadary, secrétaire permanent du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie et ex-ministre de l’Intérieur.
Photo: Junior D. Kannah Agence France-Presse Quelques heures avant la clôture du dépôt des candidatures, mercredi, le chef de l’État a finalement désigné un dauphin: Emmanuel Ramazani Shadary, secrétaire permanent du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie et ex-ministre de l’Intérieur.

Le suspense a été maintenu jusqu’au bout. Joseph Kabila, président de la République démocratique du Congo, ne sera pas candidat à l’élection du 23 décembre. D’une part, la Constitution lui interdisait de briguer un troisième mandat. D’autre part, les pressions se faisaient de plus en plus fortes. L’obstination du président, depuis la fin de son deuxième mandat en décembre 2016, avait en effet déclenché des manifestations, violemment réprimées, à travers le pays. Quelques heures avant la clôture du dépôt des candidatures, mercredi, le chef de l’État a finalement désigné un dauphin : Emmanuel Ramazani Shadary, secrétaire permanent du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie et ex-ministre de l’Intérieur. Un proche de Joseph Kabila frappé depuis 2017 par des sanctions de l’UE.

Le dauphin de Kabila fera face à quelques poids lourds de l’opposition : Félix Tshisekedi, fils de l’opposant historique Étienne Tshisekedi et président du parti UDPS ; Jean-Pierre Bemba, ex-vice-président et ancien chef rebelle acquitté par la Cour pénale internationale en juin ; ou encore Vital Kamerhe, ancien président de l’Assemblée nationale. Un autre opposant, Moïse Katumbi, a été empêché par les autorités de rentrer au pays pour déposer sa candidature. Une passation de pouvoir démocratique serait une première en RDC, où les transitions ont toujours été marquées de violences. Mais Joseph Kabila n’a peut-être pas dévoilé l’ensemble de ses cartes. Une ultime ruse pour maintenir la main sur le pouvoir n’est pas à exclure.