Le Tchad dénonce le «travail de sape» d’Amnesty International

Le président tchadien, Idriss Déby Itno, en août 2017
Photo: Ludovic Marin Archives Agence France-Presse Le président tchadien, Idriss Déby Itno, en août 2017

Le Tchad a qualifié d’« accusations graves » destinées à « saper les efforts » des autorités le contenu du rapport d’Amnesty International qui avait dénoncé mi-juillet « un lien étroit » entre mesures d’austérité et répression.

Le rapport Budgets en chute, répression en hausse d’Amnesty contient des « informations partisanes et truffées d’accusations graves de nature à saper les efforts menés par le gouvernement tchadien dans le cadre de l’amélioration de la gouvernance », selon un communiqué du gouvernement publié dimanche.

« Le Tchad a accompli des progrès considérables, notamment dans le domaine de la santé, de l’éducation et des infrastructures », et doit en parallèle faire face à des « groupuscules terroristes » à ses frontières, ajoute-t-il.

Les mesures d’austérité « dépeintes par Amnesty International comme des mesures purement anti-sociales, répondent [...] aux exigences des bailleurs de fonds et sont appréciées par les partenaires financiers internationaux », estime le gouvernement tchadien.

Le rapport d’Amnesty International a fait état de la baisse du budget de l’éducation et des services de santé, alors que la répression a augmenté. Entre 2013 et 2017, le budget de la santé a par exemple diminué de moitié, entraînant notamment des pénuries de médicaments.

En parallèle, « des personnes qui manifestaient contre l’austérité ont été victimes de répression et arrêtées, certaines ont été torturées », selon Amnesty qui rappelle que « depuis la mi-mars 2018, l’accès à certains réseaux sociaux est limité ».

L’ONG, qui indique s’être appuyée sur les statistiques des autorités et avoir donné un droit de réponse à celles-ci dans le rapport, dit reconnaître quelques efforts du gouvernement en matière de santé ou d’éducation.

Depuis 2015, le Tchad souffre de la baisse des cours du pétrole brut. Pour y faire face, le gouvernement a mis en place des mesures d’austérité, dont une coupe dans les revenus des fonctionnaires, en grève depuis mai, pour la deuxième fois de l’année.

N’Djamena a obtenu des aides financières notamment du Fonds monétaire international (FMI) qui a recommandé entre autres au pays de réduire sa masse salariale.