L’opposition manifeste au Zimbabwe pour prévenir les risques de fraude électorale

Des partisans du Mouvement pour un changement démocratique ont manifesté à Harare mercredi.
Photo: Jekesai Njikizana Agence France-Presse Des partisans du Mouvement pour un changement démocratique ont manifesté à Harare mercredi.

Des milliers de partisans de l’opposition ont manifesté mercredi à Harare pour mettre en garde le gouvernement contre toute velléité de fraude lors des élections générales prévues le 30 juillet, les premières de l’après Robert Mugabe au Zimbabwe.

« Nous voulons que cette élection se déroule de façon transparente », a lancé à la foule Nelson Chamisa, le dirigeant du Mouvement pour un changement démocratique (MDC) à l’origine du rassemblement.

« Notre position est parfaitement claire. Nous ne participerons pas à une élection dont nous ne savons pas comment elle est organisée, a-t-il menacé. Nous devons parvenir à un accord avec le régime sur son organisation. »

La question des listes électorales fait l’objet depuis longtemps d’une vive controverse au Zimbabwe, où elles sont accusées d’avoir été au coeur des fraudes qui ont entaché de nombreux scrutins sous le règne de Robert Mugabe.

Au pouvoir depuis 1980, l’ancien chef de l’État a été contraint à la démission en novembre dernier, lâché par l’armée et son parti, la Zanu-PF. Son ancien vice-président Emmerson Mnangagwa lui a succédé dans la foulée.

Scrutins « honnêtes »

Candidat à l’élection présidentielle, M. Mnangagwa a promis à de multiples reprises que les scrutins présidentiel et législatif du 30 juillet seraient « libres, transparents et honnêtes ».

Mais l’opposition en doute. Selon elle, les nouvelles listes électorales souffrent de nombreuses irrégularités et le processus d’impression des bulletins de vote manque de transparence.

Pour la deuxième fois en moins d’une semaine, les partisans du MDC sont descendus mercredi dans les rues de la capitale Harare pour mettre en garde les autorités. Des milliers d’entre eux portant des T-shirts aux couleurs du principal parti d’opposition ou à l’effigie de son chef ont défilé jusqu’au siège de la Commission électorale (ZEC) en exhibant des pancartes « Non au trucage électoral » ou en brandissant des cartons rouges à l’endroit de la ZEC.

« Nous en avons assez des élections volées, a pour sa part déclaré l’ancien ministre des Finances Tendai Biti (membre du MDC). Nous sommes prêts à mourir, nous sommes prêts à aller en prison pour cette cause. »

Les listes électorales doivent faire l’objet d’un examen attentif des observateurs étrangers qui seront déployés au Zimbabwe pour s’assurer de la crédibilité du scrutin de fin juillet. Pour la première fois en seize ans, le pays a accepté la présence d’observateurs de l’Union européenne, du Commonwealth et d’organisations américaines.