Ebola en RDC: l’épidémie n’est pas «actuellement» une urgence de santé mondiale (OMS)

Une réunion avec les neuf pays voisins de la RDC est prévue ces prochains jours, a annoncé le directeur de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.
Photo: Fabrice Coffrini Agence France-Presse Une réunion avec les neuf pays voisins de la RDC est prévue ces prochains jours, a annoncé le directeur de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Genève — L’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo n’est pas actuellement une urgence de portée internationale, a annoncé vendredi l’OMS, estimant que la situation peut « être maîtrisée » grâce aux mesures prises et à la campagne de vaccination prévue.

Réuni au siège de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à Genève, le comité d’urgence de l’agence spécialisée de l’ONU a annoncé que « les conditions d’une urgence de santé publique de portée internationale ne sont pas remplies actuellement » en RDC, où la maladie à virus Ebola est endémique.

Le Comité a toutefois indiqué que « neuf pays voisins de la RDC, y compris le Congo-Brazzaville et la République centrafricaine, ont été informés qu’ils courent un risque élevé de propagation ».

Une réunion avec ces neuf pays est prévue ces prochains jours, en marge de l’assemblée générale de l’OMS qui ouvre lundi ses portes à Genève, a annoncé son directeur, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Risque de propagation

Le nombre de morts dues à l’épidémie de fièvre hémorragique Ebola en République démocratique du Congo (RDC) s’élève à 25, sur un total de 45 cas confirmés ou suspectés, selon le dernier bilan de l’OMS.

Les premiers cas sont apparus au début du mois d’avril, selon l’OMS, dans une zone rurale du nord-ouest de la RDC, avant de se propager à Mbandaka, ville d’environ 1,5 million d’habitants située sur le fleuve Congo et reliée à Kinshasa par de nombreuses liaisons fluviales.

Le 8 mai, les autorités de la RDC ont déclaré une épidémie d’Ebola dans le nord-ouest, près du Congo-Brazzaville.

« Le risque de propagation internationale est particulièrement grand » en raison de l’arrivée du virus à Mbandaka, mais il y a de « fortes raisons de croire que cette situation peut être maîtrisée », a déclaré Robert Steffen, le président du Comité d’urgence de l’OMS, au cours d’une conférence de presse à Genève.

Il a ainsi mis en avant la « réponse immédiate » de la RDC, de l’OMS et de ses partenaires ainsi que l’avancement des préparatifs de la campagne de vaccination. Celle-ci devrait démarrer dimanche, a annoncé M. Tedros.

Dès samedi, il y aura environ 7500 doses de ce vaccin expérimental sur place et l’OMS dispose encore d’une réserve d’environ 1500 doses. En outre, la société Merck, qui développe ce vaccin, s’est engagée à mettre gratuitement à la disposition de l’OMS 300 000 doses.

L’épidémie d’Ebola la plus violente de l’histoire a frappé l’Afrique de l’Ouest entre fin 2013 et 2016, causant plus de 11 300 morts sur quelque 29 000 cas recensés, à plus de 99 % en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone. L’OMS avait alors été vivement critiquée pour la lenteur de sa réaction.