Un nouveau décès dû au virus Ebola en République démocratique du Congo

Un travailleur de la santé congolais dans une unité de quarantaine pour Ebola à Muma, dans la province de Bas-Uele, en juin 2017
Photo: John Wessels Agence France-Presse Un travailleur de la santé congolais dans une unité de quarantaine pour Ebola à Muma, dans la province de Bas-Uele, en juin 2017

Mbandaka — L’épidémie de fièvre hémorragique Ebola en République démocratique du Congo a entraîné un nouveau décès, a annoncé jeudi le ministère de la Santé qui s’inquiète de l’exposition des personnels de santé.

« Depuis le 8 mai, la RDC fait face à une nouvelle épidémie de la maladie à virus Ebola […]. Jusqu’à ce jour, 11 cas de fièvre hémorragique et un décès ont été enregistrés », a indiqué le ministre de la Santé, Dr Oly Ilunga, dans un communiqué.

« Quatre nouveaux cas et un décès ont été rapportés dans la nuit du 9 mai » dans la province de l’Équateur (nord-ouest), a-t-il dit, sans préciser s’il s’agissait de cas suspects ou confirmés.

« Sept personnes, dont les deux confirmés au laboratoire d’Ebola, sont actuellement hospitalisées à l’hôpital général de Bikoro (Équateur) », a-t-il ajouté.

« Une des particularités de l’épidémie actuelle est le fait que trois professionnels de la santé ont été atteints », a précisé le ministre. « Cette situation nous préoccupe et requiert une réponse immédiate et énergique. »

Le ministère affirme avoir déployé « douze experts » à Mbandaka, capitale de la province de l’Équateur.

« Le ministère de la Santé prévoit d’utiliser tout l’arsenal diagnostic et thérapeutique à sa disposition, y compris la vaccination », selon cette même source.

La RDC a indiqué mardi qu’elle faisait face à sa neuvième épidémie d’Ebola.

« Vingt-et-un cas de fièvre avec des signes hémorragiques et 17 décès », avaient été notifiés au 3 mai, avait précisé le ministère sans indiquer la date de ces premiers cas.

Ces 17 morts enregistrés avant l’annonce de l’épidémie ne sont que des « cas probables », a précisé à l’AFP l’Organisation mondiale de la santé (OMS). « Ils sont morts dans les communautés présentant des signes [d’Ebola]. On n’a pas pu prélever d’échantillons. »

La maladie est circonscrite dans la région de Bikoro, à la frontière avec le Congo-Brazzaville.

Éviter la propagation

L’OMS « a débloqué un million de dollars » pour « stopper la propagation d’Ebola dans les provinces et les pays voisins », a indiqué un représentant de l’agence humanitaire des Nations unies (OCHA). L’UNICEF a indiqué jeudi qu’elle envoyait « des équipes et du matériel ».

Le Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique sans frontière avec la RDC, s’est dit « préoccupé » mercredi par cette nouvelle épidémie, par la voix de son ministre de la Saté.

Apparue pour la première fois dans l’ex-Zaïre (actuelle RDC) en 1976, la fièvre hémorragique Ebola vient d’un virus qui se transmet par contact physique avec des liquides corporels infectés. Le gibier de brousse est considéré comme un vecteur potentiel.

La dernière épidémie en RDC remonte à 2017. Rapidement circonscrite, elle avait fait officiellement quatre morts.

L’épidémie d’Ebola la plus violente de l’histoire avait frappé l’Afrique de l’Ouest entre fin 2013 et 2016, causant plus de 11 300 morts sur quelque 29 000 cas recensés, à plus de 99 % en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone.