La justice égyptienne poursuivra les médias en cas de «fausses informations»

L’Organisme général de l’Information (OGI), qui régule l’activité des médias étrangers en Égypte, se plaint souvent de l'utilisation de sources anonymes.
Photo: Mohamed El-Shahed Archives Agence France-Presse L’Organisme général de l’Information (OGI), qui régule l’activité des médias étrangers en Égypte, se plaint souvent de l'utilisation de sources anonymes.

Le Caire — La justice égyptienne a affirmé mercredi qu’elle poursuivrait les médias en cas de diffusion de « fausses informations », après que le gouvernement eut jugé mensonger un reportage de la BBC sur la répression en Égypte.

Le reportage, diffusé la fin de semaine dernière, évoquait le cas d’une jeune femme dont la mère a affirmé à la BBC qu’elle avait été victime de disparition forcée. Mais cette jeune femme est apparue plus tard à la télévision locale en disant qu’elle avait fui le domicile de sa mère, s’était mariée et avait eu un enfant.

Le parquet a précisé mercredi dans un communiqué avoir chargé des avocats de surveiller les médias et les réseaux sociaux « à la lumière de tentatives récemment observées de porter atteinte à la sécurité et la sûreté de la patrie en publiant des mensonges et de fausses informations ».

Le parquet a demandé à ce que soient prises « les mesures nécessaires dans le cadre de la loi pénale » contre les « fausses affirmations, nouvelles et rumeurs qui portent atteinte à la sûreté publique ou instillent la terreur dans le coeur des individus ».

L’Organisme général de l’Information (OGI), qui régule l’activité des médias étrangers dans le pays, a appelé cette semaine la BBC à présenter ses excuses pour le sujet diffusé.

L’OGI a également appelé mardi « l’élite » et « les responsables » égyptiens à boycotter la BBC en refusant de rencontrer ses représentants tant que la chaîne britannique n’aura pas publié de démenti des informations incriminées.

La presse égyptienne, de son côté, a relayé la position des autorités.

Sollicité par l’AFP mercredi, un porte-parole de la BBC a répondu : « Nous sommes au courant des informations à la télévision égyptienne concernant ce reportage de la BBC, ainsi que de la réaction du chef de l’organisme général d’information. Nous nous en tenons à l’intégrité de nos équipes de reportage. »

L’OGI s’est régulièrement plainte des médias qui ne citent pas leurs sources.

Mais beaucoup de journalistes, eux, se sont plaints de ne pas trouver de sources — en particulier officielles — qui acceptent d’être citées.

Une loi antiterroriste égyptienne punit la publication de bilans d’attaques terroristes non conformes aux bilans officiels.