Se faire opérer en Afrique tue deux fois plus qu’ailleurs

Paris — Le taux de mortalité lors des opérations chirurgicales en Afrique est deux fois plus élevé que la moyenne mondiale, ont affirmé mercredi des chercheurs dans une étude mettant au jour un fléau rarement discuté. En théorie, la mortalité pourrait être moins élevée sur ce continent qu’ailleurs. Les patients y sont en effet plus jeunes et y subissent des interventions moins lourdes. Mais d’après les auteurs de cette étude parue dans la revue médicale The Lancet, « près d’un patient sur cinq en Afrique a des complications après une opération ». Et là où existent des chiffres comparables, à savoir dans la chirurgie non urgente, la mortalité atteint 1 % sur le continent, contre 0,5 % dans le monde. L’étude est décrite comme la plus vaste et la plus fouillée sur la chirurgie africaine. Elle a réuni plus de 30 chercheurs qui ont rassemblé les données de 247 hôpitaux dans 25 pays du continent, de l’Algérie à l’Afrique du Sud en passant par le Sénégal et les deux Congo. Ont été suivis les dossiers de 10 885 patients, dont un tiers ont subi une césarienne.