Tunisie: «une victoire pour l’impunité»

Tunis — La société civile et l’opposition tunisiennes ont exprimé leur vive inquiétude pour la transition démocratique de l’unique pays rescapé du Printemps arabe, après l’adoption d’une loi controversée d’amnistie de fonctionnaires impliqués dans la corruption sous la dictature. L’approbation de la législation mercredi à l’issue d’une journée houleuse au parlement intervient dans la foulée d’un vaste remaniement, lors duquel d’anciens ministres du dictateur déchu Zine el-Abidine ben Ali ont rejoint le gouvernement à des postes importants. Concernant le vote au parlement, il s’agit d’« une immense victoire symbolique pour l’impunité. D’un feu vert du sommet des institutions de l’État tunisien aux individus impliqués dans des abus de pouvoir », estime l’analyste Monica Marks, doctorante à l’Université d’Oxford. Pour défendre la loi, la présidence a invoqué l’économie, disant vouloir « libérer les énergies » de l’administration.