Fin des enchères controversées de cornes de rhinocéros en Afrique du Sud

L'éleveur John Hume proposait aux enchères 264 cornes, provenant toutes de son ranch, où ses quelque 1500 pachydermes sont régulièrement décornés sous anesthésie.
Photo: Mujahid Safodien Archives Agence France-Presse L'éleveur John Hume proposait aux enchères 264 cornes, provenant toutes de son ranch, où ses quelque 1500 pachydermes sont régulièrement décornés sous anesthésie.

Les premières enchères en ligne de cornes de rhinocéros en Afrique du Sud se sont achevées vendredi malgré les protestations de groupes de défense des animaux qui estiment que la vente va alimenter le braconnage de cette espèce menacée.

Trois jours d’enchères organisées par le propriétaire du plus grand élevage du monde de rhinocéros, le Sud-Africain John Hume, se sont terminés peu après 14 h (8 h à Montréal), sans qu’aucun résultat de la vente ne soit annoncé.

« Il n’y aura aucun résultat [vendredi] », a déclaré un représentant des vendeurs, promettant seulement un communiqué pour lundi.

L’Association privée des propriétaires de rhinocéros, qui soutient la vente, a dit attendre des informations de M. Hume sans doute au cours du week-end. « On doit analyser les différentes offres et parvenir à une moyenne des prix », a déclaré Pelham Jones, président du groupement des éleveurs privés.

John Hume proposait aux enchères 264 cornes, d’un poids total avoisinant les 500 kg, provenant toutes de son ranch, dans la province sud-africaine du Nord-Ouest, où ses quelque 1500 pachydermes sont régulièrement décornés après avoir été anesthésiés par un vétérinaire. La procédure est indolore et la corne repousse ensuite.

L’éleveur, qui prévoit une nouvelle vente — pas en ligne cette fois — le mois prochain, se heurte aux militants de la cause animale qui accusent ces enchères de nourrir le braconnage des rhinocéros et de miner 40 ans d’interdiction du commerce international des cornes.

Ces enchères sont rendues possibles par un changement récent dans la législation sud-africaine : le moratoire sur le commerce intérieur de cornes de rhinocéros a définitivement été levé en avril.

Les organisateurs de la vente en ligne n’avaient pas fixé de prix de départ, mais les clients devaient payer 100 000 rands (7570 $US) pour s’inscrire.

Le kilo de corne peut atteindre les 60 000 $US au marché noir en Asie, où l’appendice est très prisé par la médecine traditionnelle chinoise.

L’Afrique du Sud abrite quelque 20 000 rhinocéros, soit 80 % de la population mondiale, mais elle est le théâtre d’un braconnage qui a atteint des records au cours des dernières années. Plus de 7100 de ces pachydermes y ont été tués au cours de la décennie écoulée.