Deux Canadiens tués lors de l’attaque au Burkina Faso

Le restaurant Istanbul est situé à 200 mètres du café Cappuccino, qui avait été en janvier 2016 la cible d’une attaque djihadiste sanglante.
Photo: Alain Didier Compaoré Associated Press Le restaurant Istanbul est situé à 200 mètres du café Cappuccino, qui avait été en janvier 2016 la cible d’une attaque djihadiste sanglante.

Ouagadougou (Burkina Faso) — Une Ontarienne figure parmi les deux victimes canadiennes d’une attaque survenue au Burkina Faso dimanche soir. Il s’agit de Tammy Chen, a révélé le ministère des Affaires étrangères du Canada.

Mme Chen était diplômée de l’Université McGill, à Montréal, et de l’Université Queen’s, en Ontario, et présidente et cofondatrice de l’organisation non gouvernementale canadienne Avenirs brillants du Burkina Faso. Elle avait entrepris des études de doctorat à l’Université de Cambridge.

L’identité de la deuxième victime canadienne n’a pas été dévoilée officiellement. Le Centre d’études et de coopération internationale (CECI) et l’Entraide universitaire mondiale du Canada (EUMC) ont toutefois indiqué dans un communiqué, lundi soir, qu’un de leurs volontaires, Bilel Diffalah, était la deuxième victime canadienne.

Selon les deux organismes, M. Diffalah était en poste depuis novembre 2016 à titre de conseiller en hygiène et biosécurité, dans le cadre du programme Uniterra du CECI et de l’EUMC. Bilel Diffalah travaillait auprès de l’Interprofession Volaille locale, une organisation partenaire. Fatimata Lankoande, coordonnatrice du programme de coopération volontaire Uniterra au Burkina Faso, pour l’EUMC et le CECI, l’a décrit comme un homme « très dévoué et apprécié tant par ses coéquipiers que par les partenaires auprès de qui il intervenait ».

L’attaque a fait 18 morts. Un Français, un Sénégalais, un Nigérian, un Libanais, un Turc, deux Koweïtiens et sept Burkinabés ont également perdu la vie. Les deux assaillants ont également été tués.

Le restaurant Aziz Istanbul, à Ouagadougou, a été attaqué par des djihadistes présumés vers 21 h, heure locale, dimanche soir. Un porte-parole du gouvernement a fait savoir quelques heures plus tard que les forces spéciales du pays ont mis fin à l’assaut.

Le ministre des Communications, Rémis Fulgance Dandjinou, a fait état de « 18 morts et plusieurs blessés ».

M. Dandjinou a ajouté que les victimes sont « principalement des femmes et des enfants ». Il a aussi prévenu que le bilan risque de s’alourdir.

Au moins trois membres des forces burkinabés ont été blessés pendant l’opération, qui a duré près de sept heures, selon un porte-parole des forces de sécurité, le capitaine Guy Yé.

Le capitaine Yé a expliqué que les assaillants ont commencé à tirer au hasard dans la foule après être arrivés sur des motos. Les forces de sécurité se sont rendues sur place avec des blindés après avoir été informées que des coups de feu avaient été tirés près du restaurant.

C’est la deuxième fois en deux ans qu’un restaurant du Burkina Faso populaire auprès des étrangers est attaqué. Cette attaque rappelle l’attentat survenu contre un restaurant et un café à Ouagadougou en janvier 2016 qui avait coûté la vie à 30 personnes, dont 6 Québécois.

Personne n’a encore revendiqué la responsabilité de l’attaque.