L’ONU recense 12 ans de violence

La Centrafrique a basculé dans les massacres de masse en 2013 avec le renversement du président Bozizé par l’ex-Séléka, entraînant une contre-offensive des anti-Balakas.
Photo: Pacome Pabandji Agence France-Presse La Centrafrique a basculé dans les massacres de masse en 2013 avec le renversement du président Bozizé par l’ex-Séléka, entraînant une contre-offensive des anti-Balakas.

Bangui — Tueries et viols, tortures, pillages, enlèvements, enrôlement d’enfants-soldat : les Nations unies ont détaillé 620 crimes commis en Centrafrique lors des conflits armés entre 2003 et 2015, dans un rapport publié mardi, avant la mise en route à Bangui de la Cour pénale spéciale (CPS) pour juger ces crimes.

Ce rapport soulève aussi la question de savoir si les massacres ciblés entre communautés n’ont pas constitué des faits de génocide.

« En République centrafricaine, l’impunité a toujours été la règle — et la justice l’exception », relève ce travail exhaustif publié au moment où les 4,5 millions de Centrafricains subissent un regain de violence des groupes armés ex-Séléka pro-musulmans ou anti-Balakas pro-chrétiens, avec des morts par dizaines et des milliers de nouveaux déplacés depuis début mai.

Lieux précis, dates exactes, mode opératoire des assaillants, calvaire des victimes, souvent très jeunes, tuées, violées, torturées… : cet inventaire de plus de 300 pages se présente comme un document de travail pour le procureur de la Cour pénale spéciale (CPS) qui vient d’arriver à Bangui.

Créée par une loi centrafricaine de 2015, cette juridiction mixte, intégrant des magistrats locaux et étrangers, doit commencer d’ici peu ses enquêtes sur les crimes de guerre commis à partir de 2003, année du renversement du président Ange-Félix Patassé par François Bozizé.

Pays à l’histoire tourmentée de plus de 600 000 km 2 (la France et la Belgique réunies), où les groupes armés se battent pour le contrôle des ressources (or, diamant, bétail), la Centrafrique a ensuite basculé dans les massacres de masse en 2013 avec le renversement à son tour du président Bozizé par l’ex-Séléka, entraînant une contre-offensive des anti-Balakas.

1 commentaire
  • Steve Brown - Inscrit 31 mai 2017 09 h 09

    «la France et la Belgique réunies»

    C'est effectivement un grand territoire.

    Il ne faudrait pas oublier le comportement criminel de la France avant le génocide Rwandais, ce qui permet de s'interroger sur le retour de l'influence de l'Europe en Afrique.

    On peut lire ceci dans un wikipédia:

    «Le soutien militaire et financier

    Entre 1990 et 1994, principalement grâce au soutien de la France, l'armée rwandaise passe de 5 500 à 35 000 hommes. Pendant cette période, la France a fourni la plupart des armes lourdes, des véhicules d'assaut et des hélicoptères utilisés par le gouvernement rwandais pendant la guerre contre le FPR, par plusieurs canaux (vente d'armes par des groupes installés en France, cessions directes et indirectes de matériels de l'Armée française). Les armes légères sont fournies par la France, l'Égypte ou l'Afrique du Sud.»

    Souvenez-vous de cet incroyable aveu: « Paris a livré des armes jusqu’en août 1994 » — Bernard Kouchner

    Le génocide a commencé le 8 avril 1994. On comprend mieux pourquoi la France est aussi accusée d'avoir planifié le génocide Rwandais.

    http://survie.org/billets-d-afrique/2014/235-mai-2

    https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%B4le_de_la_France_dans_le_g%C3%A9nocide_au_Rwanda

    Steve Brown
    Charny