Grand format Photoreportage: regard inédit sur la famine au Soudan du Sud

1 Tap, Jiaca et Deng ont fui les violences dans leur village à Mayiandit, au Soudan du Sud. Venus grossir les rangs des déplacés à Nyal, au nord du pays, ils vivent sous une bâche depuis mars dernier dans un lieu que la communauté les laisse occuper. Renaud Philippe
2 Maria Nyawaiy a quitté Leer, lieu d’intenses combats où son mari a perdu la vie il y a trois mois. Avec ses cinq enfants, elle a marché et fait du canot dans les marécages durant cinq jours avant de trouver une île pour se réfugier, à proximité de Nyal. Son bandage au cou cache la blessure laissée par une balle, qui n’a pas guéri depuis 2013. Renaud Philippe
3 «Quand on est parti, on a mis tous nos biens dans une grande bâche de plastique, on y a mis aussi les enfants et on a tiré cette bâche dans les marécages pendant plusieurs jours.» Tout juste arrivée dans les marais autour de Nyal, cette femme n’a pas encore été enregistrée par le Programme alimentaire mondial (PAM). Sa famille se nourrit de nénuphars, de plus en plus rares. Renaud Philippe
4 Soldats de l’opposition à Nyal. Depuis que la guerre a éclaté, en décembre 2013, toutes les factions ont commis des horreurs à l’endroit les populations civiles, pratiquant une véritable politique de la terre brûlée. Renaud Philippe
5 Autour de Nyal, on a choisi la sécurité, au prix de la faim. Les marécages entourant les îles à proximité de cette localité isolent les populations des violences, mais compliquent l’acheminement de l’aide humanitaire. Un enfant joue ici sur les restes d’une embarcation des Nations unies. Renaud Philippe
6 Sous un soleil impitoyable, des femmes déplacées par le conflit remplissent leurs bidons. Toute la journée, l’activité autour du seul point de distribution d’eau près de Mankien (nord du pays) ne connaît pas de répit. Renaud Philippe
7 Nyechoul War a marché durant cinq heures sur des routes incertaines dans l’espoir d’accéder à une distribution alimentaire à Mankien, État d’Unité au Soudan du Sud. Elle raconte qu’un an plus tôt, son mari a été tué dans une embuscade. Renaud Philippe
8 Une femme déplacée par le conflit est assise sur des rations du Programme alimentaire mondial (PAM). Ses sacs de sorgho, qu’elle partagera avec six familles, ne dureront pas plus de 10 jours. Malgré la distribution de nourriture par l’organisme CARE à 22 000 personnes en trois jours, les besoins restent criants. Renaud Philippe
9 Partout sur les routes du pays, les traces des combats rappellent que le conflit est toujours bien actif. Les populations civiles sont prises en otage, soit par la violence, soit par la faim. Au moins la moitié du budget du pays, riche en pétrole, est consacrée à l’achat d’armes selon un rapport de l’ONU. Renaud Philippe
10 Nyalorry Thilnga a marché de longues heures pour atteindre une clinique à Mankien. La malnutrition dont souffre son fils Nyakume laissera des séquelles permanentes. Les enfants représentent 62 % des personnes déracinées, selon les chiffres les plus récents des Nations unies. Renaud Philippe
11 Des hommes lavent certains de leurs effets personnels au camp de protection des civils de Bentiu. Des conditions de sécheresse frappent le pays, mais c’est d’abord le déplacement des populations qui empêche de cultiver la terre. Renaud Philippe
12 Vivre et grandir parmi les déplacés ; au-delà des barbelés, l’insécurité. Le camp de Bentiu est gardé par des Casques bleus de la mission UNMISS, mais les femmes doivent en sortir pour trouver du combustible. Renaud Philippe
13 Cette femme est arrivée il y a une semaine dans un hôpital de Médecins sans frontières (MSF). Son enfant souffre de malnutrition et de diarrhée. Selon MSF, 70% des patients admis à l’hôpital sont des enfants. Renaud Philippe
14 La vie dans les brouillards de la guerre à Bentiu. Des enfants font brûler des pneus de camion pour en récupérer les fils de fer. Renaud Philippe
15 Des femmes attendent pour obtenir des coupons leur donnant accès à la distribution alimentaire. Elles sont majoritaires dans ce camp, veuves ou sans nouvelles de leurs maris au combat. Renaud Philippe
16 En attente d’une distribution alimentaire. Seules les personnes enregistrées ont droit à la distribution. Ceux qui reçoivent des rations partageront donc leur part avec leur famille, rendant l’apport alimentaire encore plus mince. Renaud Philippe
17 Les abris du camp de Bentiu devaient être temporaires, mais certaines familles s’y entassent depuis plus de trois ans. Renaud Philippe