Buhari rencontre les «filles de Chibok»

À Abuja, des militants de la campagne #BringBackOurGirls se sont réjouis dimanche de la libération de dizaines de jeunes filles, après trois ans de détention par le groupe djihadiste Boko Haram.
Photo: Sunday Alamba Associated Press À Abuja, des militants de la campagne #BringBackOurGirls se sont réjouis dimanche de la libération de dizaines de jeunes filles, après trois ans de détention par le groupe djihadiste Boko Haram.

Libérées samedi après plus de trois ans de captivité, les 82 lycéennes nigérianes de Chibok enlevées par le groupe djihadiste Boko Haram sont arrivées dimanche à Abuja, pour rencontrer le président nigérian, Muhammadu Buhari.

Elles ont rejoint la villa présidentielle d’Abuja à 19 h dans des bus de l’armée, a constaté un journaliste de l’AFP.

Arrivées du nord-est du Nigeria par avion dans la matinée, elles devaient rencontrer le président à 16 h après un contrôle médical. Leurs bus étaient garés dimanche soir devant la résidence présidentielle, hors de vue des journalistes.

« Bienvenue à nos filles, nos soeurs. Nous sommes heureux de vous retrouver », avait annoncé auparavant le directeur de cabinet du président, Abba Kyari, à leur arrivée à l’aéroport en provenance de Maiduguri, la capitale de l’État du Borno (nord-est).

Réinsertion nécessaire

Le président, qui a reçu brièvement les jeunes femmes, s’est engagé à les « réintégrer dans la société », après leurs trois années de captivité.

« Le président était ravi de les recevoir et a promis de faire tout le nécessaire pour [assurer] leur réintégration dans la société », a expliqué Femi Adesina, le porte-parole présidentiel, aux journalistes présents sur place à l’issue de la rencontre.

« Il [M. Buhari] a souligné qu’il superviserait personnellement leur éducation », a-t-il ajouté.

La libération de ces lycéennes est une grande victoire politique pour Muhammadu Buhari, qui en avait fait, avec la lutte contre Boko Haram, l’une des priorités de son mandat.

Malade et affaibli, le chef de l’État n’a assisté à aucun conseil des ministres depuis un mois, faisant douter le Nigeria de ses capacités à diriger le pays.

Le président était ravi de les recevoir et a promis de faire tout le nécessaire pour [assurer] leur réintégration

 

Familles dans l’attente

Les noms des jeunes filles n’ayant pas été divulgués pour l’instant, des parents des lycéennes attendaient impatiemment de savoir si leurs enfants faisaient partie des otages libérées.

Enoch Mark, père d’une des jeunes filles kidnappées en avril 2014 alors qu’elles passaient leurs examens à Chibok, localité dans le nord-est du Nigeria, s’est rendu cet après-midi à Abuja, aux côtés du mouvement Bring Back Our Girls.

« On m’a prévenu que 82 d’entre elles avaient été libérées, c’est pour cela que je me bats ici, pour savoir si ma fille est parmi elles », a-t-il confié à l’AFP. « Trois jours d’attente, ce n’est pas trois ans », a-t-il ajouté, anxieux.

Ces adolescentes font partie du groupe de 276 jeunes filles enlevées dans leur lycée par le groupe djihadiste en 2014, rapt que le Nigeria a commémoré avec tristesse à la mi-avril.

Relayé par les médias du monde entier, ce kidnapping de masse avait provoqué une vague d’indignation à laquelle de nombreuses célébrités mondiales avaient participé via le mot-clic #BringBackOurGirls (Ramenez-nous nos filles).

Échange

Les 82 lycéennes libérées samedi ont été échangées contre des membres de Boko Haram détenus, a expliqué la présidence. Selon des connaisseurs du mouvement, il s’agit de trois commandants tchadiens de la faction dirigée par Abubakar Shekau. Après cette libération, il reste une centaine de lycéennes de Chibok aux mains de Boko Haram. Parmi les 276 adolescentes — alors âgées de 12 à 17 ans — enlevées en avril 2014, 57 avaient réussi à s’échapper juste après le rapt et trois ont été ensuite retrouvées près de la forêt de Sambisa, bastion de la faction de Boko Haram dirigée par Abubakar Shekau qui affirme détenir les lycéennes.

Trois autres ont été retrouvées par l’armée et 21 autres ont été libérées après des négociations avec le groupe islamiste en octobre 2016.

Le conflit particulièrement sanglant avec Boko Haram dans la zone du lac Tchad a fait plus de 20 000 morts et 2,6 millions de déplacés depuis 2009.

Par ailleurs, dimanche soir, peu de temps après avoir reçu les lycéennes, Muhammadu Buhari est parti pour Londres pour de nouveaux « examens médicaux », a annoncé son équipe. M. Buhari a déjà passé huit semaines à Londres pour raisons médicales avant de revenir au pays début mars.


 
1 commentaire
  • Yvon Bureau - Abonné 8 mai 2017 16 h 27

    Comment se fait-il

    que l'on pas encore neutraliser ce Boko Haram?