L’ONU craint un nombre «substantiel» de morts

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a procédé à la distribution de sacs de grains, au Soudan du Sud, mardi.
Photo: Albert Gonzalez Farran Agence France-Presse Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a procédé à la distribution de sacs de grains, au Soudan du Sud, mardi.

Genève — Le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) a mis en garde mardi contre le risque d’un nombre « substantiel » de morts provoqué par la famine dans la Corne de l’Afrique, au Nigeria et au Yémen, alors que la sécheresse frappe une partie du continent africain.

« Le risque d’un nombre substantiel de morts provoquées par la famine parmi les populations de la Corne de l’Afrique, du Yémen et du Nigeria s’accroît », a déclaré un porte-parole du HCR, Adrian Edwards, lors d’un point de presse à Genève.

L’ONU craint que la situation soit pire que lors de la famine de 2011 qui avait tué plus de 260 000 personnes dans la Corne de l’Afrique, dont plus de la moitié étaient des enfants de moins de cinq ans.

« Il faut éviter à tout prix que cela se répète », a lancé le porte-parole du HCR, déplorant que cette crise humanitaire semble devenir « inévitable » alors qu’elle « aurait pu être évitée ».

Il faut éviter à tout prix que [la famine de 2011, qui avait fait 200 000 morts] se répète

 

La situation actuelle est le résultat d’une conjugaison de facteurs. La Somalie, le Soudan du Sud, le Nigeria et le Yémen sont touchés par une grave sécheresse, mais ils sont également en proie à des violences ou conflits armés.

Manque de fonds

Les Nations unies réclament à la communauté internationale 4,4 milliards de dollars d’ici juillet pour acheminer de l’aide dans ces quatre pays où plus de 20 millions de personnes sont aux prises avec la faim ou la famine. L’ONU n’a reçu pour l’instant que 21 % de ces fonds, soit 984 millions de dollars, a déploré le porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires (OCHA) de l’ONU, Jens Laerke.

« Sans fonds pour acheter la nourriture, les rations distribuées sont réduites », a pointé le HCR dans un communiqué. À Djibouti, elles ont ainsi déjà été diminuées de 12 %, en Éthiopie, en Tanzanie et au Rwanda d’entre 20 et 50 % et en Ouganda de jusqu’à 50 %.

La situation humanitaire pourrait encore empirer, d’autant que les enfants, plus fragiles, constituent la majorité des réfugiés, selon l’ONU.

Au Soudan du Sud, par exemple, quelque 100 000 personnes sont déjà confrontées à la famine, et environ un million d’autres sont désormais au bord de la famine, a prévenu le HCR.

Les problèmes d’accès notamment au Yémen, mais également dans certaines parties du Soudan du Sud, compliquent également la tâche des humanitaires, a pointé Jens Laerke. « Nous avons besoin d’avoir accès aux personnes dans le besoin » et « de fonds pour prévenir la famine », a-t-il dit.

3 commentaires
  • Nicole Ste-Marie - Abonnée 11 avril 2017 08 h 29

    Un autre non sens

    Laissez mourir de faim tous ces gens c'est un non sens lorsque l'on constate tout ce gaspillage des pays développés.
    Et on leur fait des campagnes de vaccination.
    Nourrissons les tout d'abord, ils pourront se développer un système immunitaire efficace et de façon naturelle ils combattront la maladie.

  • Gilles Bonin - Abonné 11 avril 2017 10 h 03

    Montrez des photos de bébés...

    Montrez des photos de bébés à Trump... il fera peut-être quelque chose. S'ils sont beaux bien sûr!

    On ne mène pas une politique par l'émotion et la situation de famine en Afrique particulièrement demande une mobilisation et des solutions complexes parce que ces situations sont indues surtout par des guerres plus ou moins locales. On n'intervient pas parce que de«beaux bébés» sont emportés dans la tourmente, mais parce que, dans le cas de l'Afrique, parce que notamment le monde (enfants et adultes) MEURT DE FAIN.

  • Daniel Bonin - Abonné 12 avril 2017 22 h 25

    À qui la faute

    Au tout début des années 1900, la France, les États Unis plus quelques autres, ont défait des gouvernements Africains, pour les ramplacer par des gens plus complaisant et ouvrir la voie à des compagnies pétrolières qui on exploité les richesses de ces pays sans rien payer de redevances et faisant même payer les insfrasrtuctures quitte à provoquer des guerres entre eux. Bien sûr on donnait beaucoup d'argent au bouffon qu'on avait mis en place. En 2017 ça se produits encore et encore,il y a aujourd'hui des descendants de familles très riche de ces exploitants du temps. Il faut remettre à ces pays ce qu'on leur a volé et ce qu'on leur vole encore. Et aussi s'excuser, ce serait un minimum. Daniel Bonin abonné.