Le gouverneur fuit sous des jets de pierres à Lubumbashi

Mardi, au dernier jour du mandat du président Joseph Kabila, Kinshasa, Lubumbashi et d’autres villes du Congo ont été le théâtre d’affrontements meurtriers. 
Photo: Eduardo Soteras Agence France-Presse Mardi, au dernier jour du mandat du président Joseph Kabila, Kinshasa, Lubumbashi et d’autres villes du Congo ont été le théâtre d’affrontements meurtriers. 

Lubumbashi — Le gouverneur de la province du Haut-Katanga, dans le sud-est de la République démocratique du Congo, a dû fuir mercredi sous des jets de pierres à Lubumbashi, au lendemain de violences ayant fait au moins huit morts dans cette ville, selon des sources concordantes.

L’incident s’est produit en milieu d’après-midi sur le lieu même des heurts de la veille, où le gouverneur Jean-Claude Kazembe avait décidé de se rendre à pied avec des partisans à l’occasion d’une « marche de la paix » destinée à montrer que les autorités avaient le contrôle de la situation, a indiqué à l’AFP un proche de l’élu.

Accompagné de plusieurs centaines de personnes, le gouverneur a essuyé des jets de pierre à Matshipisha, quartier de la commune de Katuba, dans le sud de la deuxième ville du pays, ont indiqué ce proche et plusieurs témoins ayant requis l’anonymat compte tenu de la période de tension que traverse le pays.

« Nous avons fui comme des enfants », a déclaré à l’AFP le proche du gouverneur, l’élu ayant finalement été exfiltré après l’intervention de policiers qui ont tiré à plusieurs reprises en l’air pour disperser les lanceurs de pierres.

Mardi, au dernier jour du mandat du président Joseph Kabila, Kinshasa, Lubumbashi et d’autres villes du Congo ont été le théâtre d’affrontements meurtriers. Ils ont opposé les forces de l’ordre déployées en nombre dans toutes les grandes villes à des jeunes entendant dénoncer le maintien au pouvoir du chef de l’État à la suite du renvoi sine die de la présidentielle qui devait avoir lieu cette année.

À Kinshasa, le colonel Pierre-Rombaut Mwanamputu, porte-parole de la police nationale, a indiqué que huit personnes avaient été tuées et 47 autres blessées dans les affrontements de Lubumbashi, capitale du Haut-Katanga et fief de l’opposant Moïse Katumbi.

Dans un entretien à l’AFP, M. Kazembe avait fait porter mardi la responsabilité de ces violences à plusieurs dizaines de « voyous venus de Mbuji-Mayi et Kananga », les deux grandes villes de la région du Kasaï, dans le centre du pays, dont est originaire l’opposant historique Étienne Tshisekedi.

M. Tshisekedi, 84 ans, a appelé à « résister pacifiquement » contre le maintien au pouvoir de M. Kabila.

Le début de la décennie 1990 a été marqué au Katanga, à l’instigation des autorités locales et nationales, par des massacres à grande échelle des Kasaïens résidant dans la région, accusés de voler les emplois des autochtones.