La communauté internationale critique sévèrement la réélection de Bongo

Ali Bongo a été élu avec 172 990 voix (50,66 %) devant Jean Ping (161 287 voix, 47,24 %), selon la Cour constitutionnelle.
Photo: François Mori Associated Press Ali Bongo a été élu avec 172 990 voix (50,66 %) devant Jean Ping (161 287 voix, 47,24 %), selon la Cour constitutionnelle.

Libreville — L’Union européenne a sévèrement critiqué dimanche les travaux de la Cour constitutionnelle du Gabon qui a validé la victoire d’Ali Bongo, un résultat d’ailleurs très froidement accueilli par la communauté internationale à qui l’opposant Jean Ping a lancé un appel.

« Grande faiblesse du système électoral » et « évidentes anomalies » non rectifiées : les observateurs électoraux de l’Union européenne au Gabon ont eu la dent dure avec la Cour, deux jours après qu’elle a validé la réélection d’Ali Bongo Ondimba, en rejetant la requête de son rival Jean Ping, « président élu » autoproclamé.

« La Mission d’observation électorale regrette que la Cour constitutionnellle n’ait pas été en mesure de rectifier de manière satisfaisante les anomalies observées lors du recensement des votes », écrit la Mission présente au Gabon à l’invitation des autorités du 12 juillet jusque quelques jours après le vote du 27 août.

Dans le détail, l’observatrice en chef, Marya Gabriel, regrette que « les doutes sérieux sur les résultats du Haut-Ogooué n’aient pas été levés de manière satisfaisante ».

La requête de M. Ping portait précisément sur un nouveau décompte des voix dans cette province, fief d’Ali Bongo, où le chef de l’État sortant a obtenu 95 % des voix pour 99 % de participation, lui assurant quelque 5000 voix d’avance sur l’ensemble du Gabon, selon les premiers résultats de la commission électorale.

La Cour constitutionnelle a corrigé à la marge les résultats du Haut-Ogooué, annulant par ailleurs les résultats des votes dans plusieurs bureaux de Libreville.

Résultat : Ali Bongo est élu avec 172 990 voix (50,66 %) devant Jean Ping (161 287 voix, 47,24 %), selon la Cour.

L’opposant, qui dénonce un « déni de justice », a lancé un appel à la communauté internationale sans préciser ce qu’il en attend.

Cette même communauté internationale a pour l’instant accueilli froidement et sans félicications la réélection d’Ali Bongo. Entre toutes, une réaction a agacé l’exécutif d’Ali Bongo : « La France constate que l’examen des recours n’a pas permis de lever tous les doutes », a publiquement regretté le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault.

Contrairement aux commentaires de la télévision d’État Télé Gabon, l’Union africaine n’a pas davantage félicité Ali Bongo, 57 ans, qui devrait être investi dans les dix jours pour un nouveau septennat.

Quant au secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, et aux États-Unis, ils ne font que « prendre note », une nuance sémantique qui donne des espoirs à certains opposants.