Le Gabon est sous «couvre-feu numérique»

Libreville — « Quinze jours que ça dure ! » L’accès toujours très perturbé à l’Internet exaspère de nombreux Gabonais, dans l’attente fébrile des résultats définitifs de l’élection présidentielle du 27 août qui a plongé le petit pays d’Afrique centrale dans une profonde crise politique. Une coupure totale de cinq jours avait suivi l’annonce de la réélection du président sortant, Ali Bongo Ondimba, d’une très courte avance sur son rival, Jean Ping, qui revendique lui aussi la victoire et a saisi la Cour constitutionnelle. La connexion est désormais partiellement rétablie de 6 h à 18 h, avant d’être coupée de nouveau dès la nuit tombée. En revanche, les réseaux sociaux comme Twitter, Facebook ou WhatsApp restent inaccessibles. « On a réussi à faire pire que le Congo et on nous parle de démocratie… », ironise Raoul, médecin généraliste à Libreville. Pendant la présidentielle de mars, Denis Sassou Nguesso, au pouvoir au Congo-Brazzaville voisin, avait, lui, coupé durant trois jours toutes les communications, téléphone inclus. L’accès restreint à l’actualité ou aux discussions politiques enflammées pèse sur la vie quotidienne des Gabonais, d’ordinaire très connectés, avec environ 60 % d’utilisateurs d’Internet dans le pays.