Le Soudan du Sud se dit ouvert à des Casques bleus supplémentaires

Vendredi, l’ONU a autorisé le déploiement de 4000 Casques bleus supplémentaires pour «pacifier» Juba.
Photo: Eric Kanalstein / UNMISS / Associated Press Vendredi, l’ONU a autorisé le déploiement de 4000 Casques bleus supplémentaires pour «pacifier» Juba.

Juba — Le président sud-soudanais a affirmé lundi ne pas être opposé au déploiement de Casques bleus supplémentaires dans son pays tout en réclamant de plus amples discussions, un apparent assouplissement de sa position après l’adoption d’une résolution de l’ONU menaçant d’un embargo sur les armes.

« Nous ne sommes pas opposés à toute aide et nous écoutons volontiers les conseils, a déclaré Salva Kiir devant le parlement de Juba. Mais l’aide requiert le dialogue et ne devrait pas être imposée au risque de devenir une intervention qui compromet notre souveraineté et diminue notre capacité à gouverner efficacement. »

Sous les applaudissements d’une assemblée largement composée de partisans, le président a prononcé un discours à la tonalité conciliante, promettant l’unification de l’armée loyaliste et des ex-rebelles d’ici à mai 2017 ainsi que la mise en oeuvre d’un processus électoral, des dispositions figurant dans un accord de paix signé en août 2015, mais restées lettre morte jusqu’à présent.

4000 Casques bleus

Trois jours plus tôt, le Conseil de sécurité de l’ONU avait autorisé le déploiement de 4000 Casques bleus supplémentaires pour assurer la sécurité à Juba et dissuader les attaques contre les bases de l’ONU, soit un mandat plus robuste que celui de l’actuelle mission de l’ONU au Soudan du Sud (Minuss), forte de 12 000 soldats.

La résolution, adoptée à la suite de combats à l’arme lourde début juillet à Juba entre les forces gouvernementales et les ex-rebelles répondant aux ordres de l’ancien vice-président Riek Machar, menace également d’imposer un embargo sur les armes si le gouvernement sud-soudanais bloque ce déploiement.

Mais lundi, la référence de M. Kiir au « dialogue » contrastait avec la rhétorique adoptée ces dernières semaines par le gouvernement sud-soudanais. En amont du vote de l’ONU, il avait tout simplement rejeté le projet de résolution, estimant qu’il sapait la souveraineté de ce pays indépendant depuis 2011.

M. Machar a fui Juba lors des récents combats dans la capitale, dont ses troupes sont sorties vaincues, et a été remplacé au poste de vice-président par le ministre des Mines Taban Deng, malgré les protestations de nombre de ses soutiens.

Le camp Machar s’est félicité dans un communiqué de l’adoption de la résolution de l’ONU. « Cela va créer un environnement sécuritaire propice à la mise en oeuvre de l’accord de paix. »

Défiance

Mais la défiance entre les deux camps, qui n’a jamais disparu malgré cet accord de paix, reste importante. Lundi, le camp Machar a interprété les récents combats de « retour à un conflit armé » et accusé le camp de Salva Kiir d’avoir « renversé » le gouvernement d’unité nationale.