Le gouvernement écarté, l’incertitude guette la Tunisie

Photo: Fethi Belaid Agence France-Presse Le premier ministre tunisien, Habib Essid

Tunis — Après tout juste 18 mois au pouvoir, le gouvernement de Habib Essid en Tunisie a été écarté par un vote de défiance au Parlement, faisant craindre une nouvelle période d’incertitudes dans un pays déjà fragilisé par une économie en crise et la menace djihadiste. Le président, Béji Caïd Essebsi, doit maintenant engager des consultations dans un délai de 10 jours pour charger la « personnalité la plus apte » de former un nouveau cabinet. Cette dernière aura 30 jours pour former une équipe. Les jours du gouvernement, critiqué de toutes parts pour son « inefficacité », étaient comptés depuis que le chef de l’État s’est dit en faveur le 2 juin d’un cabinet d’union nationale. Il avait ensuite engagé des pourparlers sur les priorités du futur gouvernement avec les partis politiques ainsi qu’avec le syndicat UGTT et le patronat Utica. Samedi soir, sur les 217 membres du Parlement (dont 191 étaient présents), 118 ont finalement voté contre le renouvellement de la confiance et 3 pour, avec 27 abstentions. En public, aucun nom ne se détache pour l’instant pour succéder à M. Essid, un indépendant de 67 ans à qui les députés ont réservé une ovation debout avant de le congédier.

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