Zuma doit rembourser 500 000 $ dans le scandale de sa résidence

Le président sud-africain Jacob Zuma devrait rembourser à l’État 500 000 dollars américains dans le scandale de sa résidence privée, notamment pour la construction d’un poulailler et d’une piscine, selon les recommandations lundi du Trésor, une somme que l’opposition a jugé sous-évaluée.

Le montant « que le président devrait payer personnellement […] correspond à 7 814 555 rands », soit l’équivalent d’une partie des travaux effectués dans sa propriété avec l’argent du contribuable, a indiqué le Trésor dans un document remis lundi à la Cour constitutionnelle et obtenu par l’AFP.

En 2009, l’État avait payé 246 millions de rands officiellement pour améliorer la sécurité de la résidence privée de Jacob Zuma à Nkandla, en pays zoulou (est).

Mais fin mars, dans un jugement accablant pour le président, la plus haute juridiction sud-africaine avait jugé que le président avait violé la constitution en refusant de rembourser les frais de rénovation de sa propriété privée non liés à la sécurité.

La Cour constitutionnelle avait alors décidé que la piscine, le centre pour visiteurs, l’enclos pour bétail, le poulailler et l’amphithéâtre de Nkandla ne pouvaient en rien relever de la sécurité. Elle avait confié le soin au ministère des Finances de déterminer la somme à rembourser dans cette affaire qui empoisonne Jacob Zuma depuis des années.

Dans un document de 21 pages, le Trésor a détaillé lundi le montant des travaux et estimé que le président devrait rembourser « 87,94 % » des frais déboursés pour les cinq constructions en cause, soit la somme totale de 7,8 millions de rands.

Ce montant recommandé par le Trésor correspond à 3,2 % du montant global des travaux effectués à Nkandla.

L’opposition, qui avait saisi la Cour constitutionnelle, s’est félicitée de cette décision tout en regrettant le montant de la somme réclamée, trop faible selon elle.

Le rapport du Trésor « envoie le message clair à ceux impliqués dans des affaires de corruption, en particulier ceux à l’ANC [Congrès national africain, parti au pouvoir], qu’ils devront répondre de leurs actes devant la justice, y compris le président de la République », a réagi Mabine Seabe, porte-parole du principal parti d’opposition de l’Alliance démocratique (DA).

Mais, a-t-il immédiatement ajouté, « nous estimons que le président devrait payer 100 % des travaux de rénovation qui ne relèvent pas de la sécurité ». « Nous avions évalué que ce montant pouvait atteindre jusqu’à 52,9 millions de rands », environ 3,4 millions de dollars, a-t-il poursuivi, auprès de l’AFP.

Accumulation de déboires

Le parti de gauche radicale des Combattants pour la liberté (EFF) a lui estimé que cette « victoire ne pourra être consolidée qu’avec la destitution de Jacob Zuma par l’ANC ». Un scénario qui n’est pas d’actualité.

Le président continue à bénéficier d’un fort soutien au sein de son parti, en dépit des appels à la démission, y compris de certains vétérans de l’ANC, qui se multiplient depuis des mois. Il a ainsi échappé facilement en avril à une procédure de destitution au parlement.

Il n’empêche que le chef de l’État, âgé de 74 ans, accumule les déboires à un mois et demi d’élections municipales à haut risque pour l’ANC. Plusieurs grandes villes, dont la capitale Pretoria, Johannesburg et Port Elizabeth (sud-est), pourraient basculer dans l’opposition, selon un dernier sondage Ipsos.

La semaine dernière, Jacob Zuma a enregistré un nouveau revers quand la justice a estimé qu’il pourrait de nouveau être poursuivi pour corruption dans une affaire de contrat d’armement.

Il revient désormais à la Cour constitutionnelle d’approuver ou non le montant recommandé lundi par le ministère des Finances. Une fois que le tribunal aura donné son feu vert, le président Zuma aura alors 45 jours pour rembourser la somme déterminée.

La présidence n’a pas immédiatement réagi au rapport du Trésor, expliquant ne pas l’avoir encore reçu.